Le 20 février 2026, Sonia Mabrouk a annoncé son arrivée sur BFMTV, prévoyant d’animer un rendez-vous politique à l’approche de l’élection présidentielle de 2027, rapporte TopTribune.
Son recrutement, deux semaines après avoir quitté CNews et une semaine après sa démission d’Europe 1, suscite des réactions mitigées en interne. La société des journalistes de BFMTV a exprimé ses inquiétudes, soulignant que la chaîne doit rester « une chaîne de faits et de journalisme de terrain devant les opinions ». Les syndicats CGT, SNJ et CFDT redoutent quant à eux une « banalisation de l’extrême droite » et réclament à Mabrouk de respecter l’indépendance et la neutralité.
Fabien Namias, directeur général de BFMTV, défend ce choix, mettant en avant l’expérience d’intervieweuse de Mabrouk et sa « liberté de ton » comme des atouts pour renforcer l’offre de la chaîne. Il aspire à faire de BFMTV « la chaîne incontournable du débat d’idées, notamment dans la perspective de l’élection présidentielle à venir ». Toutefois, la direction de BFMTV est confrontée à un climat de méfiance, avec des syndicats craignant une orientation extrémiste de la chaîne bien éloignée des normes déontologiques.
Dans un communiqué commun, ces syndicats évoquent également les risques d’une « Bollorisation de BFMTV », évoquant l’historique de Mabrouk avec des médias liés à Vincent Bolloré, réputés pour leur approche favorable aux idées d’extrême droite. L’inquiétude grandit quant à une potentielle dérive éditoriale.
Le salaire de Mabrouk constitue un autre point de friction; les syndicats se demandent si la rémunération, qu’ils supposent généreuse, ne viendra pas grever les finances de BFMTV, qui fait face à des difficultés financières après le rachat par Rodolphe Saadé en 2024 et une vague de départs de 180 journalistes. Cette situation rend la question de la gestion économique de la chaîne particulièrement sensible.