ANO creuse son avance avant les élections législatives tchèques
ANO creuse son avance avant les élections législatives tchèques

ANO creuse son avance avant les élections législatives tchèques

16.09.2025 17:45
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Les élections législatives en République tchèque, prévues les 3 et 4 octobre 2025, devraient redessiner le paysage politique du pays. Selon un sondage publié le 14 septembre par l’agence STEM pour CNN, sept formations politiques entreront probablement à la Chambre des députés, qui compte 200 sièges, mais aucune n’obtiendra la majorité absolue nécessaire pour gouverner seule. La coalition centriste SPOLU, dirigée par le Premier ministre Petr Fiala, n’atteint que 20,2 % des intentions de vote, loin derrière le mouvement populiste ANO de l’ancien chef du gouvernement Andrej Babiš, crédité de 31,3 %.

Babiš en position de force mais sans majorité

Pour former un gouvernement, ANO devra s’allier à d’autres partis, ce qui ouvre la porte à des négociations avec des forces eurosceptiques et prorusses comme Liberté et démocratie directe (SPD), Stačilo! et Motoristes pour eux-mêmes. La perspective de telles alliances suscite des inquiétudes quant à la future orientation de la politique étrangère tchèque. Le SPD appelle ouvertement à quitter l’Union européenne et l’OTAN, tandis que Stačilo! regroupe d’anciens communistes et sociaux-démocrates et défend un discours anti-UE et prorusse.

Alliances européennes de l’extrême droite

Depuis l’été 2024, ANO siège au Parlement européen dans le groupe « Patriotes pour l’Europe », fondé à l’initiative de Viktor Orbán et dirigé par Jordan Bardella, président du Rassemblement national français. Ce bloc, qui inclut également le FPÖ autrichien, Vox en Espagne, Chega au Portugal ou encore la Lega en Italie, milite pour limiter l’intégration européenne, s’opposer à l’immigration illégale et contrer le Pacte vert européen. Plusieurs de ces formations ont déjà été accusées d’avoir reçu des financements en provenance de la Russie de Vladimir Poutine.

Risque d’influence russe et enjeux régionaux

Les services de renseignement tchèques (BIS) mettent en garde contre les tentatives du Kremlin de s’ingérer dans le scrutin, à travers des cyberattaques, la désinformation et le financement de politiciens prorusses. En 2024, BIS avait déjà démantelé un réseau d’influence lié à Moscou, actif notamment via le média Voice of Europe basé à Prague. Une victoire de forces prorusses pourrait fragiliser les relations de Prague avec l’UE, remettre en question le soutien militaire à l’Ukraine et ralentir les processus d’élargissement vers la Moldavie, l’Ukraine et les Balkans occidentaux.

Maintien ou rupture du cap européen

Le président Petr Pavel a d’ores et déjà entamé des consultations avec les chefs de partis afin d’anticiper d’éventuels bouleversements et de préserver la stabilité sécuritaire. Si SPOLU parvient à rester au pouvoir, la République tchèque devrait maintenir une ligne pro-européenne claire, poursuivre son aide militaire à Kiev et soutenir sans réserve la politique de sanctions contre Moscou. En revanche, une coalition dominée par ANO et appuyée par des partenaires prorusses pourrait entraîner un basculement stratégique et accentuer les divisions au sein de l’Union européenne, notamment sur la politique climatique et migratoire.

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