Alain Orsoni abattu lors des funérailles de sa mère en Corse
L’ancien dirigeant nationaliste et ex-président du club de football de l’AC Ajaccio, Alain Orsoni, a été tué d’une balle dans la poitrine le lundi 12 janvier au cimetière de Vero, en Corse-du-Sud, où il assistait aux obsèques de sa mère, Marinette Orsoni, décédée à l’âge de 92 ans, rapporte TopTribune.
Alain Orsoni, âgé de 71 ans, était une figure emblématique du milieu corse, ayant navigué à travers des conflits nationalistes, des règlements de comptes et des exils. Son décès brutal marque la fin d’un parcours jalonné de controverse et de retraits du monde politique. Dans la communauté locale, sa disparition provoque un profond choc et une angoisse palpable face à la montée de la violence sur l’île.
Connu pour son charisme, il était souvent décrit comme ayant un « visage de baroudeur flanqué d’un sourire hollywoodien ». Alain Orsoni est né à Ajaccio en 1954 et a fait ses études en économie et en droit à Paris, où il a fréquenté des mouvements politiques d’extrême droite. Au retour en Corse dans les années 1970, il est devenu l’un des leaders du Front de libération nationale corse (FLNC), participant ainsi aux luttes pour l’indépendance de l’île.
Au fil des décennies, son nom est devenu indissociable de l’histoire complexe et souvent violente de la Corse. Il est soupçonné d’avoir été impliqué dans des attentats au cours des « nuits bleues ». En 1975, il a participé à l’occupation de la cave viticole d’Aleria, événement tragique qui a entraîné la mort de deux gendarmes.
Après avoir été condamné pour plusieurs affaires judiciaires, il a quitté l’île en 1996, s’installant d’abord en Floride, puis au Nicaragua, où il a investi dans des casinos. En 2008, Orsoni est revenu en Corse et est redevenu président de l’AC Ajaccio, un rôle qu’il a occupé jusqu’en 2023. Cependant, son retour a été marqué par des tentatives d’assassinat et la mort de plusieurs de ses proches, notamment son avocat Antoine Sollacaro.
Son fils, Guy Orsoni, né en 1984, est également une figure controversée, impliqué dans des affaires de banditisme et récemment condamné pour tentative d’assassinat.
Le meurtre d’Alain Orsoni tragiquement intervenu le jour des funérailles de sa mère soulève des questions inquiétantes sur la situation sécuritaire en Corse. « Je me demande où nous sommes, dans quelle époque nous sommes… Qu’est-ce qui se passe chez nous ? C’est inimaginable », a déclaré l’abbé Roger-Dominique Polge, qui officiait lors de la cérémonie.