Affaire du "violeur au tournevis" à Poitiers : mise en examen d'un suspect identifié grâce à la généalogie génétique

Affaire du « violeur au tournevis » à Poitiers : mise en examen d’un suspect identifié grâce à la généalogie génétique

12.12.2025 06:06
2 min de lecture

Un suspect identifié dans l’affaire du viol au tournevis à Poitiers grâce à la généalogie génétique

Un homme a été mis en examen jeudi 11 décembre pour le viol et la tentative de meurtre d’une joggeuse à Poitiers en 2015, un développement notable dix ans après les faits. L’identification du suspect, âgé de 28 ans, a été possible grâce à des techniques de généalogie génétique, une méthode controversée non réglementée en France, mais couramment employée aux États-Unis, rapporte TopTribune.

Le suspect, qui était mineur au moment des événements, a avoué en garde à vue être l’auteur du crime, qui avait initialement échappé à l’identification par le fichier national d’ADN. En 2015, les résultats d’ADN masculin trouvés sur les lieux n’avaient pas permis de faire correspondre à un profil enregistré dans les bases de données nationales. Les enquêteurs ont alors sollicité l’aide du FBI pour recourir à la généalogie génétique afin de remonter jusqu’à lui.

La communauté scientifique et juridique en France débat de l’usage de cette méthode qui permet d’identifier des personnes en croisant des ADN avec ceux de millions d’individus ayant effectué des tests génétiques via des entreprises privées. Didier Seban, avocat spécialisé dans les affaires non résolues, affirme que cette technique peut être déterminante pour élucider des affaires criminelles. « On partage 50 % de son ADN avec ses parents, et en identifiant des cousins éloignés, il est possible de remonter jusqu’au criminel », explique-t-il.

Actuellement, des milliers de nouvelles empreintes génétiques sont ajoutées chaque année au fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg), mais de nombreuses traces laissées sur les scènes de crime ne correspondent à aucune base de données. Ce cas ravive le débat sur l’utilisation de la généalogie génétique en France, où elle est considérée comme une donnée sensible et son utilisation soulevée des questions éthiques.

Des entreprises comme MyHeritage ou Ancestry proposent des tests génétiques abordables, qui permettent aux utilisateurs de retrouver des informations sur leur histoire familiale. Malgré l’interdiction de l’envoi d’ADN à l’étranger, des rapports suggèrent que plus d’un million de Français auraient fait appel à de telles analyses, parallèlement à une annonce du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, visant à intégrer la possibilité d’utiliser la généalogie génétique dans les procédures judiciaires par un projet de loi.

Permettre l’utilisation de la généalogie génétique pour les enquêtes non résolues pourrait offrir une nouvelle chance d’élucider des affaires anciennes, selon les experts. A ce jour, seule la Suède a adopté ce type de procédure. En France, le recours à des commissions rogatoires internationales est nécessaire pour consulter les bases de données ADN des entreprises américaines.

Cela constitue la deuxième utilisation de cette méthode en France, la première ayant permis de résoudre l’affaire d’un homme accusé d’avoir séquestré et violé plusieurs adolescentes entre 1998 et 2008. L’introduction de cette technologie pourrait offrir un nouvel espoir aux familles de victimes qui attendent depuis longtemps la justice.

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