Un nouvel indice sur l’identité de Satoshi Nakamoto
Le mystère entourant l’identité de Satoshi Nakamoto, créateur du bitcoin, pourrait être résolu. Selon le journaliste John Carreyrou du New York Times, il s’agirait d’Adam Back, un cryptographe britannique de 55 ans, connu dans l’écosystème crypto, qui aurait été identifié après une enquête approfondie de plus d’un an, rapportant TopTribune.
Depuis sa disparition en avril 2011, Satoshi Nakamoto n’a laissé aucune trace en ligne et aucun de ses presque un million de bitcoins n’a été déplacé. Cette inertie demeure la seule preuve de sa survie. Carreyrou a étudié des archives en ligne, des forums de cypherpunks et des emails des années 1990 à aujourd’hui pour établir ce lien, se confrontant finalement à Back dans un hôtel au Salvador.
Le 31 octobre 2008, Nakamoto publiait le « white paper » du Bitcoin, lançant la blockchain l’année suivante avant de disparaître. Sa fortune actuelle est estimée à plus de 78 milliards de dollars, compte tenu de la valorisation du bitcoin à plus de 71 000 dollars, faisant de lui l’une des personnes les plus riches du monde.
Des soupçons sur plusieurs personnalités
Depuis 2011, de nombreux spéculations ont entouré la véritable identité de Nakamoto, accusant divers experts comme Nick Szabo et Hal Finney, mais sans résultats probants. La recherche de Carreyrou fait appel à des indices linguistiques, techniques et historiques, cherchant à établir un lien entre Nakamoto et Back.
« Le créateur du Bitcoin s’est caché derrière le pseudonyme de Satoshi Nakamoto pendant 17 ans. Mais une série d’indices enfouis dans la mythologie crypto a mené à Adam Back », indique le New York Times.
Back, emblématique du mouvement cypherpunk, a longtemps soutenu la décentralisation, malgré des périodes d’inactivité notables au moment du lancement du bitcoin. Son nom apparaît dans le « white paper » pour son invention du hashcash. Carreyrou a insisté pour obtenir des preuves des échanges d’emails entre Back et Nakamoto, mais ce dernier n’a pas répondu à cette demande.
Des comportements révélateurs
Un aspect intrigant dans l’enquête est la façon dont Back et Nakamoto semblent partager des similitudes de comportement et de style d’écriture. L’analyse des textes a révélé des confusions grammaticales et un usage distinctif du vocabulaire technique, tandis qu’une phrase de Back attire l’attention: « je pense être meilleur en programmation qu’en arguments convaincants ». Satoshi avait écrit de manière similaire : « je suis meilleur avec le code qu’avec les mots ».
« Autrement dit, pendant quelques secondes, M. Back avait laissé tomber le masque et s’était transformé en Satoshi », indique le journaliste.
La réticence de Back à révéler l’origine de ses interactions avec Nakamoto renforce le secret qui entoure la figure de Satoshi. Depuis 2013, il a été actif dans l’écosystème, fondant Blockstream et participant à de nombreux événements sur le bitcoin.
Démystification toujours en cours
Le 8 avril, Back a affirmé sur X : « Je ne suis pas Satoshi, mais je me suis focalisé très tôt sur les implications de la cryptographie ». Il a réaffirmé qu’il ne connaissait pas l’identité de Satoshi et a souligné l’importance de cette inconnue pour la perception de Bitcoin comme un actif décentralisé.
« Cela aide Bitcoin à être perçu comme une nouvelle classe d’actifs, la marchandise numérique mathématiquement rare », a-t-il ajouté.
La communauté bitcoin soutient cette théorie du mystère entourant Satoshi, qui est perçu comme essentiel à la localisation de la crédibilité de cette cryptomonnaie. La révélation de l’identité de Satoshi pourrait potentiellement fragiliser la confiance qui entoure le bitcoin, un avenir encore incertain tant que Nakamoto demeure inactif.