Alors que la situation en Ukraine continue d’évoluer, les candidats à l’élection présidentielle française expriment des opinions divergentes sur la responsabilité de la France face à Vladimir Poutine. À quelques mois du scrutin, le débat fait rage sur la stratégie à adopter vis-à-vis du Kremlin. Certains prônent la continuité de la pression sur la Russie, tandis que d’autres plaident pour un retour aux négociations, rapporte TopTribune.
Ceux qui veulent renouer le dialogue avec Moscou
Natacha Polony appelle à une reprise des négociations avec le Kremlin, affirmant : « Il faut absolument négocier avec Vladimir Poutine », lors d’une intervention sur franceinfo le 25 octobre. Elle insiste sur la nécessité de se réunir autour d’une table pour discuter fermement des enjeux en cours.
Longtemps scrutée pour ses liens étroits avec la Russie, Marine Le Pen propose de mettre fin à l’aide financière française à l’Ukraine six mois après son éventuelle arrivée au pouvoir. Ce discours ravive les soupçons concernant ses anciennes relations avec Moscou, notamment un prêt que le RN a contracté auprès d’une banque russe en 2014, ainsi qu’une rencontre avec Poutine en 2017. Pourtant, le 19 septembre, elle a déclaré, avec des membres du parti, qu’ils ne permettraient jamais à Moscou de « dictionner directement ou indirectement la politique de notre pays ».
Jean-Luc Mélenchon prône une « stratégie des petits pas » pour sortir du conflit. Il se dit « favorable au retrait des Russes » d’Ukraine, tout en plaidant pour l’interdiction des frappes à longue portée. Selon lui, « vous ne pouvez pas faire perdre la face aux Russes, vous ne pouvez pas la faire perdre aux Ukrainiens ».
Édouard Philippe ne rejette pas l’idée de discuter avec Moscou, mais uniquement en position de force. « Il faudra se parler un jour », reconnaissait-il en décembre 2025. Il estime que « toute faiblesse est une provocation » vis-à-vis d’un dirigeant tel que Vladimir Poutine. En mai 2026, en visite en Ukraine, il a réitéré sa détermination à soutenir l’Ukraine jusqu’à ce qu’un terrain de paix soit établi.
Ceux qui privilégient le rapport de force
Raphaël Glucksmann affirme qu’il est essentiel de « résister » à Poutine et de faire preuve de fermeté pour le dissuader. Lors d’un débat à la primaire de la gauche, il a décrit le président russe comme étant en guerre contre ce qu’il dépeint comme « l’euro-fascisme », englobant toutes les démocraties.
Bruno Retailleau, interviewé par Le Point, a déclaré : « Je ne vois pas en Poutine le gardien d’une civilisation orthodoxe et slave, mais plutôt un ancien membre du KGB doté d’une logique impérialiste ». Il estime qu’il est vital de renforcer l’Ukraine pour que la Russie comprenne qu’elle ne remportera pas le conflit militairement. Ce n’est qu’à ce moment-là que Poutine pourrait accepter de négocier.
Gabriel Attal, lors d’une intervention sur BFMTV le 21 septembre, a souligné que l’objectif de Poutine est d’intimider les Français et les Européens pour les pousser à cesser leur soutien à l’Ukraine. Il milite pour maintenir une pression économique sur le Kremlin, notamment en gelant les avoirs russes.
Marine Tondelier définit la guerre en Ukraine comme une « guerre coloniale engagée par la Russie de Vladimir Poutine depuis 2014 ». Elle avertit que le président russe ne se contentera pas de ses avancées actuelles et appelle la France à soutenir « résolument l’Ukraine » dans cette lutte.
