GiFi se prépare à déposer le bilan : ce que les employés de votre magasin savent déjà sur la fermeture imminente et que personne ne vous révèle encore.

GiFi se prépare à déposer le bilan : ce que les employés de votre magasin savent déjà sur la fermeture imminente et que personne ne vous révèle encore.

20.10.2026 07:36
2 min de lecture

Gifi a annoncé, le 19 octobre 2026, son intention de dépôt de bilan. Le groupe cherche à obtenir la protection du tribunal de commerce de Toulouse afin de suspendre une partie de ses dettes et élaborer un modèle économique viable, rapporte TopTribune.

Cette information a été relayée par le quotidien Sud Ouest, mettant en lumière la situation préoccupante du leader du bazar à petits prix. Les mandataires judiciaires ont déjà été informés de la situation actuelle.

Avec un réseau de 513 magasins en France, Gifi emploie près de 6 000 salariés, dont 10 % travaillent dans son siège à Villeneuve-sur-Lot. L’ampleur de son réseau souligne l’importance des enjeux en cours : derrière ces chiffres se cachent des centaines de points de vente et des milliers d’emplois qui reposent désormais sur les décisions judiciaires.

Une situation financière critique

Les résultats financiers expriment la gravité de la situation. Pour l’année 2025, le chiffre d’affaires devrait avoisiner 1 milliard d’euros, tandis que les pertes pourraient se chiffrer à près de 100 millions d’euros. En 2025, les banques principales créancières, telles que BNP Paribas et le Crédit Agricole, avaient déjà injecté environ 40 % du capital de l’entreprise, en échange d’un effacement partiel de la dette et d’une injection proche de 100 millions d’euros.

Pourtant, cette intervention n’a pas suffi. Les banques auraient finalement refusé d’accorder un montant additionnel de 50 millions d’euros. Gifi ne disposerait plus que de trois mois de trésorerie.

Un comité d’entreprise extraordinaire doit confirmer la situation aux employés le 20 octobre. Un second comité social et économique extraordinaire est prévu le lendemain, le 21 octobre, afin de discuter des options à envisager :

  1. déclaration de cessation des paiements au greffe,
  2. ouverture d’un redressement judiciaire devant le tribunal de commerce de Toulouse,
  3. ou liquidation si aucun plan de reprise ne semble crédible.

Le dirigeant a, en principe, 45 jours pour signaler la cessation des paiements après l’avoir constatée.

Les difficultés de l’entreprise ne sont pas récentes. Un déploiement informatique mal géré, amorcé en 2023, a perturbe la gestion des stocks pendant plusieurs mois. Depuis un certain temps, la société n’était plus en mesure d’approvisionner ses stocks ni de régler ses créanciers. Une première procédure de conciliation avait été initiée en février 2024, homologuée en mai, avec une injection d’environ 100 millions d’euros par la société mère.

La direction a connu de nombreuses fluctuations suite à l’éviction du fondateur Philippe Ginestet fin 2024. Patrick Puy, expert en restructuration, a pris la présidence du directoire le 12 octobre 2026, devenant ainsi le quatrième dirigeant. Philippe Ginestet demeure actionnaire principal, détenant 60 % des parts, et préside le conseil de surveillance.

Sur le plan commercial, Gifi fait face à la montée en force d’Action, qui possède environ 900 magasins en France, ainsi qu’à la concurrence de B&M et des plateformes chinoises comme Temu. De plus, un repositionnement de l’enseigne a entraîné une perte de sa clientèle historique, dans un marché du bazar discount considéré comme saturé.

En avril 2026, Grand Frais avait acquis 25 points de vente Gifi afin d’y ouvrir de nouveaux magasins, opération censée aider financièrement l’enseigne.

Les conséquences de la situation dépendront désormais du choix fait par le tribunal. En cas de redressement judiciaire, les magasins demeurent généralement opérationnels durant la période d’observation, permettant de tester la viabilité de l’activité ou de préparer d’éventuelles reprises partielles ; les salaires dus seraient alors couverts par le régime de garantie des salaires. En revanche, une liquidation immédiate entraînerait des fermetures rapides et des licenciements massifs.

Concernant les clients, les cartes cadeaux et bons d’achat seront acceptés tant que les magasins restent ouverts. Cependant, ils deviendront des créances si Gifi cesse de les honorer. Les fournisseurs, quant à eux, devront déclarer rapidement leurs créances auprès des mandataires judiciaires une fois la procédure lancée.

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