Novaïa Gazeta face à la censure et aux menaces en Russie : un acte de résistance continue

Novaïa Gazeta face à la censure et aux menaces en Russie : un acte de résistance continue

11.10.2026 07:06
2 min de lecture

Vingt ans après l’assassinat d’Anna Politkovskaïa, Novaïa Gazeta continue de résister en Russie

Le 7 octobre 2006, Anna Politkovskaïa, journaliste d’investigation de l’opposition, est assassinée dans son immeuble à Moscou. Vingt ans plus tard, son média, Novaïa Gazeta, opère toujours en Russie malgré la répression, la censure et l’effondrement de son audience. Pour ses journalistes, maintenir le journal en vie est devenu une forme de résistance, rapporte TopTribune.

Novaïa Gazeta, fondé en 1993, a souvent été la cible des autorités pour ses enquêtes dénonçant les violations des droits humains et la corruption. Six de ses journalistes ont perdu la vie pour avoir exercé leur métier. Actuellement, Nadejda Prusenkova, responsable du service de presse, souligne : « Nous traitons des questions de société et de politique, notamment des droits humains et de l’état d’esprit de la population. Nous sommes fermement opposés à l’“opération militaire spéciale” et, dans la mesure où la loi nous le permet, nous continuons à défendre la paix. »

Menaces et pressions persistantes

En dépit des précautions, les menaces demeurent palpables. En avril 2026, la police a perquisitionné les locaux de Novaïa Gazeta et arrêté le journaliste Oleg Rolduguine. Récemment, le média a été désigné « agent de l’étranger », une étiquette utilisée pour restreindre son activité. Valeria Fedorenko, correspondante dans le kraï du Primorié, déclare : « J’ai le sentiment, et j’en suis convaincue, que quelqu’un cherche à tuer Novaïa Gazeta. Pas nécessairement en assassinant physiquement chacun de ses journalistes, mais en bloquant son site ou en le déclarant agent de l’étranger. C’est une autre manière de tuer un journal. »

Pour l’heure, Novaïa Gazeta continue à fonctionner en utilisant des méthodes alternatives. Son site est accessible via un VPN, et le média informe ses lecteurs par le biais de Telegram et de YouTube. De plus, il publie un magazine papier mensuel dont le tirage est limité à 999 exemplaires, en raison de la révocation de sa licence en septembre 2022.

Impact des restrictions sur l’audience

Avant février 2022, Novaïa Gazeta attirait des millions de lecteurs. Aujourd’hui, son audience a chuté à environ 50 000 à 100 000 visites. Ce déclin a des répercussions sur ses finances, avec une dépendance accrue aux dons de lecteurs et aux ventes de ses publications, sans possibilité de financement étranger, en raison des lois russes.

Malgré ces défis, le journal parvient à maintenir des correspondants dans différentes régions de Russie. Valeria Fedorenko décrit son engagement : « Pour moi, Novaïa Gazeta n’est pas un simple lieu de travail. Même lorsqu’on traverse des périodes d’épuisement professionnel, on continue à travailler pour quelque chose qui dépasse le simple salaire : pour l’avenir, pour le pays, pour notre profession. »

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER