L'Ukraine refuse le transfert des hélicoptères d'attaque ARH Tiger retirés du service par l'Armée australienne.

L’Ukraine refuse le transfert des hélicoptères d’attaque ARH Tiger retirés du service par l’Armée australienne.

02.10.2026 07:26
2 min de lecture

L’Ukraine a décidé de renoncer à sa demande de transfert des hélicoptères d’attaque Eurocopter Tiger, récemment mis à la retraite par l’armée australienne. Cette annonce a été confirmée par l’ambassadeur d’Ukraine en Australie, Vasyl Myroshnychenko, comme l’a rapporté le média Defense Express le 29 septembre. Le lendemain, cette information a été précisée par Militarnyi, qui s’appuyait également sur les déclarations du diplomate, rapporte TopTribune.

Initialement, Kiev avait formulé sa demande dans la perspective de l’année 2024, visant à reprendre les MRH-90 Taipan, également en phase de retrait par Canberra. Les discussions concernant un potentiel transfert se sont prolongées, l’Australie pesant les différentes options tout en évaluant l’avenir de ses propres unités. Finalement, la demande a été annulée au début de 2026.

Les enjeux financiers et logistiques

Dans son analyse, l’Ukraine a pris en compte divers aspects : le coût d’exploitation par heure de vol des appareils Tiger, la disponibilité des pièces détachées, l’état des hélicoptères ainsi que les spécificités d’équipement accessibles. Bien que l’Australie ait montré une volonté de remettre les hélicoptères dans le cadre d’un soutien militaire, l’Ukraine aurait dû instaurer une infrastructure adéquate pour les faire fonctionner : cela inclut la formation des pilotes et des équipes au sol, ainsi que l’organisation d’un approvisionnement fiable en pièces de rechange et la maintenance des appareils.

Un autre facteur critique a également influencé cette décision. En raison de la présence de certains équipements d’origine américaine sur les Tiger australiens, sous le régime des ITAR (International Traffic in Arms Regulations), toute opération de transfert nécessitait une approbation préalable des États-Unis, ce qui aurait potentiellement réduit les capacités des hélicoptères si ces composants étaient retirés.

La flotte australienne, comptant 22 ARH, version armée dérivée du Tiger HAP français, a connu de nombreux problèmes de disponibilité durant toute sa période de service. Un audit de l’Australian National Audit Office de 2016 a révélé qu’en moyenne, seulement quelques hélicoptères sur 16 étaient opérationnels à un moment donné, bien en deçà de l’objectif visé de 12.

Le coût d’une heure de vol s’élevait alors à environ 22 500 dollars, alors que l’objectif était de 14 800 dollars. Pour les années 2024-2025, le ministère de la Défense australien a encore signalé l’utilisation de pièces extraites d’appareils déjà mis hors service pour maintenir d’autres Tiger en condition de vol.

Une flotte vieillissante remplacée progressivement par l’Apache

Les opérations de vol des Tiger ont été arrêtées par l’armée australienne à Darwin le 23 septembre 2026, après plus de vingt ans en service depuis 2004. Armé d’un canon de 30 mm, de roquettes de 70 mm et de missiles anti-chars Hellfire II, cet hélicoptère combinait des fonctions de surveillance, de reconnaissance et de guerre électronique, malgré un parcours marqué par des complications d’approvisionnement.

Le passage au Boeing AH-64E Apache Guardian a été officialisé en janvier 2021, avec une commande de 29 unités, dont les deux premiers ont été livrés en octobre 2025.

Face à cette situation, l’Ukraine explore d’autres options pour moderniser son aviation militaire, vieillissante et largement héritée de l’époque soviétique. En juillet 2026, le général de brigade Pavlo Bardakov, responsable de l’aviation de l’armée, a désigné le UH-60 Black Hawk américain comme un remplacement privilégié, soulignant l’équilibre entre capacité opérationnelle et coût d’exploitation.

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