
Une vaste coalition syndicale a incité les agents de la fonction publique à se rassembler le mardi 29 septembre 2026 à travers toute la France pour exprimer leur mécontentement face à la diminution du pouvoir d’achat et pour exiger davantage de ressources pour les services publics. Selon les chiffres fournis par le ministère de l’Intérieur, 206 000 manifestants ont envahi les rues du pays, dont 30 000 à Paris, rapporte TopTribune.
Huit syndicats, incluant la CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP, étaient à l’origine de cet appel à la mobilisation. Les raisons évoquées incluent la décision du gouvernement de reconduire le gel du point d’indice des fonctionnaires dans le projet de budget pour 2027. Les syndicats revendiquent une augmentation des salaires ainsi que des « ressources financières proportionnelles » aux missions des services publics.
Près de 10 % de grévistes dans l’État, davantage chez les enseignants
Pour sa part, le SNES-FSU, principal syndicat des enseignants du second degré, a déclaré que le taux de grévistes parmi les enseignants, CPE, psychologues, AED et accompagnants d’élèves handicapés dépassait 38 %, atteignant même plus de 40 % dans les académies de Lyon et de Créteil. De son côté, le FSU-SNUipp, syndicat majoritaire dans le primaire, anticipait environ 40 % de grévistes chez les enseignants des écoles.
Sur RMC, Christelle Thieffinne, présidente de la CFE-CGC, a souligné que le gel du point d’indice était une politique en cours depuis dix ans, provoquant une situation devenue intenable. Dans un entretien accordé à France 2, la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a exprimé des préoccupations similaires, affirmant que des services publics de qualité ne pouvaient exister sans de bonnes conditions de travail, ce qui impliquait de reconnaître le travail effectué.
Joëlle, cadre dans un laboratoire en Seine-Saint-Denis, a participé pour la première fois à cette mobilisation sous les couleurs de la CFDT santé-sociaux, estimant que le 29 septembre 2026, le pouvoir d’achat n’était plus tenable et qu’il était impératif que chacun élève la voix pour dire stop.
Les pompiers défilent depuis la place d’Italie
À Paris, le principal cortège a démarré à 14 heures depuis la place de la République. Parmi les manifestants, la préfecture de police a noté la présence de 8 000 pompiers, arrivés depuis la place d’Italie, accompagnés de feu d’artifice, de sirènes et de fumigènes, portant une banderole intersyndicale proclament : « Plus de moyens, pas de miracles ». Ils ont ensuite fusionné avec les autres cortèges.
Xavier Boy, porte-parole de l’intersyndicale des pompiers, a détaillé que leur présence visait à dénoncer la situation dramatique de la sécurité civile. Pompier en Seine-et-Marne, Julien Dubois a partagé son ras-le-bol en déclarant : « Nous sommes clairement épuisés », rappelant que la profession tirait la sonnette d’alarme sur le manque de ressources depuis des années.
En milieu d’après-midi, l’intersyndicale a été reçue par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a interpellé le gouvernement, rappelant qui était présent cet été pour sauver des vies, citant les pompiers, les professionnels de la santé et les employés des services publics, et affirmant qu’ils attendaient un geste clair ce 29 septembre 2026.
21 000 recrutements réclamés après un été d’incendies historiques
Huit des neuf syndicats représentatifs des pompiers ont appelé à la grève, leur principale revendication étant le recrutement de 21 000 pompiers professionnels supplémentaires, un renforcement financier des services départementaux de lutte contre les incendies et une reconnaissance accrue des conditions difficiles liées au métier.
Depuis le début de l’année 2026, près de 100 000 hectares de végétation ont été ravagés par des incendies en France. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, avait visité les pompiers en Gironde le 17 août, leur promettant un avenir meilleur. Cependant, les annonces faites début septembre concernant la réforme de la sécurité civile ont été jugées très insuffisantes par les syndicats.
Des lycées bloqués et des heurts à Lille, Nantes et Rennes
La journée a également été marquée par des blocages de lycées, un mouvement initié la semaine précédente au lycée Saint-Exupéry de Créteil. Le lundi 28 septembre, environ 180 établissements ont connu des perturbations à l’échelle du pays ; le ministère de l’Éducation en a répertorié plus de 330 le lendemain, avec plusieurs dizaines de blocages complets ou tentatives de blocage.
Les élèves affirment que le manque d’enseignants, des classes surchargées, des emplois du temps jugés trop chargés et la dégradation de certains bâtiments sont inacceptables.
Les affrontements les plus violents ont eu lieu devant le lycée César-Baggio à Lille, où des élèves masqués ont mis le feu à des poubelles, endommagé des abribus et des panneaux publicitaires, ainsi que lancé des projectiles sur les forces de l’ordre, qui ont réagi avec des gaz lacrymogènes.
À Nantes, devant le lycée Gabriel-Guist’hau, des adolescents ont entassé des poubelles pour bloquer l’accès, tandis qu’au lycée Bréquigny à Rennes, une centaine d’élèves ont ciblé les bâtiments avec des projectiles. Le ministre de l’Intérieur a indiqué qu’il y avait eu 164 interpellations pour cette journée.
Le Premier ministre a considéré qu’une intensification des manifestations lycéennes serait « irresponsable ». Sur X, Jean-Luc Mélenchon a affirmé être fier d’être aux portes des lycées pour défendre les enfants contre la violence policière. Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qui a rejoint les lycéens devant le lycée Paul-Eluard, a qualifié ces manifestations de « totalement légitimes ».
Nous, insoumis, sommes fiers d’être aux portes des lycées pour défendre nos enfants de la sauvagerie policière.
Parents, militants, mobilisez-vous pour vous interposer ! pic.twitter.com/2VePELCO0N
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) September 29, 2026
Le budget 2027 présenté deux jours après la mobilisation
Le point d’indice, qui est utilisé comme référence pour déterminer le salaire des fonctionnaires, n’a été revalorisé que deux fois depuis 2017 : 3,5 % en 2022, puis 1,5 % en 2023, soit un total légèrement supérieur à 5 %. Pendant la même période, l’inflation cumulée devrait atteindre 24,17 % d