Augmentation des IVG en France : 259 400 interventions en 2025
En 2025, 259 400 interruptions volontaires de grossesse (IVG) ont été réalisées en France, marquant une augmentation de 2,9 % par rapport à 2024, selon un rapport de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) intitulé « 50 ans après la loi Veil, un quart des IVG sont réalisées en ville par des sages-femmes en 2025 », rapporte TopTribune.
Depuis le début des années 2000, le taux de recours à l’IVG a connu plusieurs phases. Il est resté stable jusqu’à la fin des années 2010, avec environ 15 IVG pour 1 000 femmes âgées de 15 à 49 ans, avant d’augmenter. Après une baisse durant la pandémie de Covid-19 en 2020-2021, le taux a rebondi, atteignant 17,8 ‰ en 2025. Cette tendance concerne toutes les femmes de 15 à 49 ans, y compris les plus jeunes, dont la tendance à la baisse semblait se confirmer avant la crise sanitaire.
Une majorité d’IVG médicamenteuses en 2025
En 2025, 81 % des IVG réalisées l’ont été par voie médicamenteuse, une augmentation d’un point par rapport à 2024, et clairement en hausse depuis 2001, où ce chiffre n’était que de 31 %. Ce changement souligne l’évolution des pratiques au cours des deux dernières décennies, avec seulement 53 % des IVG effectuées dans des établissements de santé, contre 100 % en 2004.
Parmi les femmes de moins de 25 ans, 14 % des IVG étaient effectuées après 10 semaines d’aménorrhée, comparé à 9 % chez les femmes de 25 ans et plus. De plus, 60 % des IVG chez les moins de 25 ans avaient lieu en établissement de santé, contre 49 % pour les femmes plus âgées.
Les sages-femmes en première ligne
En 2025, la moitié des IVG ont été réalisées hors des établissements de santé, notamment en cabinet libéral, où plus de la moitié des interventions ont été effectuées par des sages-femmes. Au total, 59 680 IVG ont été réalisées par ces professionnelles, augmentant de 15 % par rapport à 2024, devant les médecins généralistes et les gynécologues médicaux ou obstétriciens.
Des disparités régionales significatives
Le taux de recours à l’IVG dans les départements et régions d’outre-mer (DROM) était en 2025 double de celui observé en France métropolitaine, affichant 33 ‰ contre 17,8 ‰. Ce chiffre dépassait même 45 ‰ en Guadeloupe et en Guyane. Des disparités ont également été notées entre les régions métropolitaines, avec un taux de 23 ‰ en Provence-Alpes-Côte d’Azur contre 12,6 ‰ en Pays de la Loire.
Enfin, malgré la stabilisation ou l’augmentation des taux d’IVG dans toutes les régions, une baisse a été enregistrée en Guyane et à Mayotte pour la troisième année consécutive.
* La méthode médicamenteuse peut être pratiquée en ville jusqu’à la 7e semaine de grossesse (9e semaine d’aménorrhée).