Mercredi soir a eu lieu le premier débat télévisé de la primaire de gauche pour l’élection présidentielle. Sur LCI, aux côtés des candidats bien connus tels qu’Olivier Faure, Jérôme Guedj, Raphaël Glucksmann et Ségolène Royal, Emmanuel Maurel s’est exprimé. Qui est donc ce député du Val-d’Oise, ancien chef de file de l’aile gauche socialiste, qui revient près du PS huit ans après l’avoir quitté, rapporte TopTribune.
Son parcours
Emmanuel Maurel, né à Épinay-sur-Seine en Seine-Saint-Denis, est diplômé de l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris. Il a été assistant parlementaire et a également enseigné dans l’enseignement supérieur.
« Très tôt militant, j’ai été élu municipal de Persan (95) et vice-président de la Région Île-de-France en charge des affaires européennes et internationales puis en charge de l’apprentissage, de la formation professionnelle, de l’alternance et de l’emploi jusqu’en 2014 », indique-t-il dans sa biographie.
Il rappelle également qu’il a longtemps été éditorialiste de La Corrèze républicaine et socialiste, ainsi que directeur de publication de Parti pris. Le Point le qualifie comme le « disciple de Jean Poperen », figure de l’aile gauche et laïque du PS dans les années 1980 et 1990, dont il a été le biographe.
La fin avec le PS
Après des décennies de militantisme, Emmanuel Maurel quitte le Parti socialiste en octobre 2018 pour fonder la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS). Au Point, il explique son départ par « le moment douloureux du quinquennat Hollande avec la politique de l’offre, la déchéance de nationalité, la loi Travail. Il y a ensuite eu la campagne de 2017, les trahisons envers Hamon, les dirigeants socialistes qui partaient chez Macron ».
Emmanuel Maurel a été député européen de 2014 à 2024. Pendant ces deux mandats, notamment élu en 2019 sur la liste de La France insoumise, il a participé à la commission d’enquête sur l’évasion fiscale. Il s’est engagé contre les « méga accords commerciaux » et a milité pour une « fiscalité plus juste » alors que « les multinationales comme McDonald’s, Facebook, Google… ne paient quasiment pas d’impôts dans les pays où ils réalisent des bénéfices », précise-t-il sur son site.
En 2024, il est élu député de la 3e circonscription du Val-d’Oise sous la bannière du Nouveau Front populaire (NFP). Il siège actuellement au sein du groupe communiste à l’Assemblée nationale, et affirme avoir pour priorités d’« enrayer le déclin français » et de « défendre les travailleurs ».
Son projet
Toujours auprès du Point, le député a expliqué son retour à ses racines, près du PS. « Force est de constater qu’aujourd’hui, la force politique dont je me sens le plus proche reste quand même cette famille-là », a-t-il confié. Il a annoncé début septembre être candidat à la primaire organisée par le PS et Place publique, estimant qu’un candidat de gauche « authentique » pourrait battre le Rassemblement national au second tour de la présidentielle.
« Si on a un candidat de la gauche socialiste qui est crédible, qui est authentique, qui tire les leçons des erreurs du passé, avec des propositions, c’est possible et c’est pour ça que je suis là », a assuré l’ancien socialiste. « Je serai candidat pour porter une voix singulière, à la fois pour la France, pour la gauche et puis pour l’Europe », a-t-il dit, ajoutant que la démondialisation est un thème qu’il souhaiterait remettre sur la table. « Il y a urgence à relocaliser et retrouver notre souveraineté industrielle, agricole et technologique », a-t-il affirmé, soulignant que la France doit « redevenir autosuffisante dans dix ans en matière agricole ».
Mercredi soir lors du débat, il a été l’un des candidats ayant refusé d’exclure un rapprochement avec La France insoumise aux législatives. « Si par malheur, Marine Le Pen arrive à l’Élysée », il faudra « se rassembler » à gauche, a argumenté Emmanuel Maurel.
La primaire aura lieu en deux tours, les 9-10 et 16-17 octobre.