Le comportement contrasté des enfants : une réalité révélatrice
Un enfant qui se comporte calmement à l’école tout en étant agité à la maison pourrait souffrir de ce que l’on appelle le syndrome de l’enfant bien élevé. C’est ce qu’affirme Vincent Joly, psychologue à Paris, qui relève cet écart de comportement, indiquant qu’en milieu scolaire, l’enfant respecte les consignes sans faire de vagues, tandis qu’à la maison, il relâche cette pression et exprime une autre facette de sa personnalité, rapporte TopTribune.
Cette capacité d’adaptation chez l’enfant est tout à fait naturelle et peut indiquer qu’il a intégré les codes de son environnement. Selon Joly, ce phénomène ne concerne pas uniquement les jeunes enfants : « Certains adultes ressentent également ce besoin de relâchement après une journée à interagir avec le public », précise-t-il.
Des comportements différents selon le cadre
Pour les enfants, cette dichotomie peut être frappante. Après avoir passé plusieurs heures à suivre des règles strictes et à se concentrer, l’enfant revient à la maison, un espace où il se sent libre de se lâcher. Selon le psychologue, il en résulte parfois un comportement jugé difficile pour la famille, mais cela ne pose pas nécessairement des questions sur le développement de l’enfant en lui-même.
Quand faut-il consulter un professionnel ?
Consulter un spécialiste n’est pas obligatoire si l’enfant affiche de bons résultats scolaires, dispose d’amis et s’adapte correctement à des environnements tels que les centres de loisirs. En revanche, une vigilance accrue est nécessaire si l’enfant présente un comportement excessivement calme à l’école, est très inhibé et ne semble pas avoir d’amis.
Dans des situations où la vie familiale devient difficile, une consultation peut s’avérer bénéfique. Toutefois, Joly souligne l’importance de déterminer le véritable motif de la consultation : souvent, cela concerne le bien-être des parents plutôt que celui de l’enfant. Les parents peuvent rechercher des conseils sans nécessairement orienter leur enfant vers un professionnel de la santé mentale.
Il peut également être utile d’instaurer un cadre plus structuré. En effet, l’écart entre les règles de l’école et celles du foyer peut engendrer des difficultés. Les jeunes enfants, en particulier, ont besoin de repères prévisibles et des routines qui renforcent leur sentiment de sécurité. L’objectif n’est pas de reproduire l’environnement scolaire chez soi, mais d’établir des règles simples et quelques rituels quotidiens.
Si, toutefois, l’enfant commence à tester les limites à l’école, il n’y a pas lieu de céder à la panique. Selon Joly, « c’est parfois plus authentique », nécessitant d’adopter une approche moins binaire entre sa vie à l’extérieur et celle à la maison.