La vision d'Éric Zemmour sur le remplacement des travailleurs immigrés par des robots en Chine et au Japon

La vision d’Éric Zemmour sur le remplacement des travailleurs immigrés par des robots en Chine et au Japon

18.09.2026 19:36
2 min de lecture

Le leader du parti Reconquête, Éric Zemmour, a récemment proposé de remplacer les travailleurs immigrés par des robots, suggérant une solution technologique face à l’immigration. Lors d’une interview sur BFMTV, il a exprimé son intention d’introduire des robots dans des secteurs tels que l’aide à la personne, en citant des exemples de Chine et du Japon où « cela se passe déjà ». Cette déclaration a été faite juste après son annonce de candidature à l’élection présidentielle de 2027, rapporte TopTribune.

Suite à cette déclaration, Zemmour a modifié son point de vue sur les réseaux sociaux, affectant certaines tâches pénibles aux robots tout en maintenant l’aspect humain pour les aides-soignantes. Malgré ce revirement, il n’a pas abrogé son affirmation sur l’utilisation du « modèle chinois ».

Cependant, les revendications selon lesquelles la Chine et le Japon remplacent leurs travailleurs immigrés par des robots dans le secteur des soins aux personnes âgées ne résistent pas à l’analyse.

FAKE OFF

Ni la Chine ni le Japon ne remplacent réellement leurs travailleurs immigrés par des robots dans les soins. En Chine, la politique d’immigration ne favorise pas l’entrée de travailleurs étrangers dans ce secteur, qui privilégie l’attraction de « talents étrangers haut de gamme ». Selon des sources, le marché des services à la personne ne présente pas de demande pour la main-d’œuvre étrangère. La Chine cherche plutôt à résoudre la pénurie de main-d’œuvre grâce à la réforme du système hukou, qui favorise la migration interne.

En revanche, le Japon a mis en place des initiatives pour attirer des travailleurs d’Asie, construisant un cadre légal pour les « travailleurs qualifiés » dans le secteur des soins, un domaine actuellement en manque de personnel.

Si les robots humanoïdes apparaissent progressivement dans les établissements pour personnes âgées de ces pays, il est faux de dire qu’ils remplacent les immigrés. La Chine, en réponse à son vieillissement démographique, prévoit de développer la technologie robotique pour aider dans ces soins, comme l’indiquent des projets gouvernementaux récents.

Parallèlement, le gouvernement japonais soutient l’intégration des technologies d’automatisation dans le secteur médical, ayant pour objectif de déployer des milliers de robots d’ici 2030 pour répondre aux besoins des personnes dépendantes et améliorer l’assistance.

Le cas de la France

Julien Floch, expert en intelligence artificielle, souligne qu’en Chine et au Japon, le recours aux robots dans le domaine des soins ne relève pas d’une solution de remplacement mais d’un complément technologique. Pour lui, la technologie actuelle ne permet pas un déploiement de robots en milieu sensible, comme les hôpitaux.

Le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) a également noté que la majorité des aides à domicile en France proviennent d’immigrés, soulignant l’importance cruciale de cette main-d’œuvre. Il est jugé non seulement moralement inacceptable, mais également impraticable sur le plan technique de vouloir remplacer ces travailleur par des robots.

Floch souligne que la production de robots performants nécessiterait une infrastructure industrielle entièrement nouvelle en France, une tâche qui pose des défis majeurs en matière de souveraineté et de dépendance technologique. Cette transition resterait ainsi purement théorique sans un investissement considérable dans la chaîne de production et le développement des compétences locales dans la robotique.

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