Outre-mer : la formation professionnelle comme solution au chômage et aux pén shortages de main-d'œuvre

Outre-mer : la formation professionnelle comme solution au chômage et aux pén shortages de main-d’œuvre

16.09.2026 15:36
2 min de lecture

Le taux de chômage dans les départements d’outre-mer est de deux à trois fois plus élevé qu’en métropole, touchant entre 30 et 45 % des jeunes âgés de 15 à 24 ans. Malgré cela, de nombreux secteurs rencontrent des difficultés à recruter. La formation pourrait jouer un rôle clé dans l’alignement des compétences aux exigences du marché local, rapportent TopTribune.

« Rendre à votre île ce que vous avez reçu »

Michel Lapeyre, directeur Afrique-Océan Indien du groupe Bernard Hayot (GBH), a souligné l’importance des jeunes lors de la cérémonie de remise des diplômes de l’École de gestion et de commerce (EGC) de La Réunion, en août 2026. Il a encouragé les diplômés à mettre en pratique les compétences acquises et à contribuer au développement de leur île.

Fondée en 1990 par la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) locale, cette école prépare des jeunes Réunionnais à des carrières dans le commerce et la gestion à travers un bachelor professionnel reconnu par l’État. GBH, partenaire de l’EGC depuis plus de quinze ans, participe à l’intégration professionnelle des élèves en leur offrant des stages et en recrutant des diplômés dans ses différentes filiales.

Chômage structurel et métiers en demande

Dans les départements ultramarins, le secteur du commerce et de la vente, ainsi que d’autres comme le BTP, le tourisme et les services à la personne, peinent à attirer des candidats. Le chômage y atteint des niveaux alarmants, atteignant 24,9 % à Mayotte et 13,4 % en Martinique, tandis qu’il reste à 7,5 % en France métropolitaine. Chez les jeunes, ce chiffre grimpe à 33,6-45 %, comparé à 19,4 % dans l’Hexagone.

Pour réduire le chômage de manière durable, il est essentiel d’améliorer l’activité économique, l’attractivité des territoires et de créer des emplois. À court terme, il est crucial de rapprocher les demandeurs d’emploi des postes vacants, et la formation joue un rôle capital dans ce processus, surtout dans les secteurs en pénurie de main-d’œuvre.

Dans les cinq départements, les offres de formation se sont considérablement élargies, soutenues par différents acteurs publics et privés. À La Réunion, le nombre d’organismes de formation a explosé, passant de 698 à 2 272 entre 2019 et 2024. En Guadeloupe, cette quantité est passée de 519 en 2021 à 682 en 2023, marquant une croissance de 31 % en deux ans. La Martinique, quant à elle, voit émerger près d’une centaine de nouveaux organismes de formation chaque année. Parallèlement, les entreprises s’impliquent de plus en plus dans les parcours de formation.

Les acteurs publics en première ligne

Les centres de formation d’apprentis (CFA) publics et consulaires jouent un rôle déterminant en proposant des programmes allant du CAP au bac+5 et en établissant des liens solides avec les entreprises locales. Les universités, comme celle des Antilles, augmentent également l’offre de cursus professionnalisants pour répondre aux besoins du marché.

Le Service militaire adapté (SMA), un dispositif d’État destiné aux territoires ultramarins, aide les jeunes à accéder à l’emploi grâce à une combinaison d’encadrement militaire, de formation professionnelle et d’expérience en entreprise.

Réseaux consulaires et formations privées

En étroite collaboration avec les entreprises locales, les Chambres de métiers et de l’artisanat (CMA) renforcent également leurs offres de formation dans des secteurs en demande, tels que l’alimentation, la coiffure, et le bâtiment. Le secteur privé développe sa présence par la création de nouveaux CFA et d’écoles proposant des cursus courts et diplômants dans des domaines comme le commerce, le numérique, et le tourisme.

GBH et ses écoles professionnelles

Pour pallier les difficultés de recrutement, certaines entreprises, comme CMA CGM et Air Austral, forment directement leurs futurs employés en concevant des programmes adaptés à leurs besoins spécifiques. GBH, par exemple, a récemment établi une « École des Métiers » en Guyane, axée sur l’automobile, qui prépare les étudiants à des titres professionnels à différents niveaux tout en offrant des formations aux salariés de ses filiales.

Avec cette première initiative en Guyane, GBH prévoit d’inaugurer une seconde école en Guadeloupe en octobre 2026, qui formera des négociateurs technico-commerciaux, répondant ainsi aux exigences du marché local.

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