Lors de son discours de rentrée politique ce dimanche 13 septembre à Hénin-Beaumont, Marine Le Pen a placé le logement au cœur de ses priorités pour la présidentielle de 2027, promettant de faire de ce sujet « l’un des grands chantiers » de son mandat, avec un accent sur « la priorité d’accès au logement social aux Français », rapporte TopTribune.
Marine Le Pen a critiqué le système actuel, affirmant que le logement social est soumis à une « immigration incessante » et n’est plus réservé aux familles françaises dans le besoin. Elle a soutenu qu’il est essentiel que l’accès au logement social soit accordé principalement aux citoyens français, en laissant de côté des critères tels que les revenus ou le nombre d’enfants à charge.
Dans son intervention, elle a déclaré : « Aujourd’hui, 70 % des Français sont éligibles au parc social et seulement 11 % en bénéficient. Nous devons donner la priorité d’accès au logement social aux Français et leur réserver le bénéfice des APL », comme l’indique un message sur son compte Twitter1.
Cette revendication n’est pas nouvelle pour Marine Le Pen. En 2017, elle avait déjà affirmé que les logements sociaux étaient attribués majoritairement aux immigrants. Elle a réitéré cette position en 2022, soulignant que ces logements, financés par les contribuables français, devraient être réservés en priorité aux ressortissants nationaux. Déjà en 2024, le Rassemblement national avait proposé une loi pour faire de la nationalité le principal critère lors de l’attribution de logements sociaux.
FAKE OFF
Cette proposition avait suscité des réactions vives de la part des organismes de logements sociaux, qui avaient réfuté ses allégations en soulignant que seulement 12 % des logements étaient occupés par des familles de nationalité étrangère. Emmanuelle Cosse, présidente de l’Union sociale pour l’habitat, a affirmé que « contrairement à ce qu’elle dit, les étrangers ne sont pas favorisés dans l’accès au logement social ».
Les partisans de Marine Le Pen utilisent des statistiques qui montrent qu’en 2022, 30 % des immigrés vivaient dans des logements HLM, tandis que ce chiffre s’élevait à seulement 11 % pour les non-immigrés. Cependant, cette « surreprésentation » peut être attribuée à des conditions socio-économiques défavorables, plutôt qu’à un favoritisme dans l’accès au logement.
Ce débat se situe dans un contexte où le choix des ménages face à l’accès au parc social est de plus en plus limité, surtout en raison d’une législation qui pourrait potentiellement être en contradiction avec les lois anti-discrimination existantes en France. L’article 225-1 du Code pénal stipule que toute distinction fondée sur l’origine ou l’appartenance nationale constituerait une discrimination.
Une pénurie de logements sociaux
Quoi qu’il en soit, les critiques à l’encontre de la politique de priorité nationale se heurtent à la réalité d’une pénurie de logements sociaux en France. Selon des chiffres récents, près de 2,9 millions de ménages étaient en attente d’un logement social en 2025. Pendant ce temps, seulement 394.000 logements ont été attribués, ce qui est loin de suffire pour répondre à la demande croissante.
La situation s’aggrave également en raison d’une production insuffisante de nouveaux logements sociaux. La Fondation pour le Logement des Défavorisés rapporte que seulement 86.000 logements ont été financés en 2024, un chiffre en déclin par rapport aux années précédentes.
Moins de logements sociaux pour les plus précaires
En parallèle, cette crise du logement affecte principalement les plus précaires. Une étude de l’Ancols indique qu’en 2023, 62 % des demandeurs de logements sociaux avaient des ressources inférieures aux plafonds pour les logements « très sociaux », tandis que cette proportion était de 57 % en 2016. Le nombre de logements attribués à ces ménages les plus pauvres a également baissé, passant de 44 % à 41 %.
Avec la raréfaction des logements disponibles, une part significative des demandes provient de ménages déjà locataires du parc social, cherchant simplement à changer de logement. Ainsi, 32 % des demandes en 2025 concernaient des locataires existants, soulignant les difficultés croissantes face à un marché du logement en crise.