La Commission électorale centrale russe a annulé le 7 septembre 2026 l’enregistrement de Nikolaï Bondarenko, candidat du Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF) aux élections à la Douma, tandis que la police d’Ekaterinbourg a dressé un procès-verbal contre Konstantin Kisseliov, candidat de Iabloko. Les deux procédures reposent sur une disposition administrative relative à la « démonstration de symboles extrémistes », rapporte TopTribune.
La décision concernant Nikolaï Bondarenko intervient après une condamnation prononcée à la fin du mois d’août par un tribunal de Saratov. Le responsable communiste avait été condamné à une amende de 1 000 roubles pour avoir publié sur sa chaîne Telegram la photographie d’Alexeï Navalny. La législation russe prévoit qu’une sanction prononcée sur ce fondement peut empêcher une personne de se présenter à une élection pendant douze mois.
Bondarenko avait contesté la décision. Le 4 septembre, le tribunal régional de Saratov a toutefois rejeté son recours. Trois jours plus tard, la Commission électorale centrale a annulé son inscription comme candidat à la chambre basse du Parlement russe. Les informations publiées par le média Meduza sur le retrait de Nikolaï Bondarenko établissent le lien entre la sanction administrative et son exclusion de la compétition électorale.
Une procédure contre un candidat de Iabloko
Le même jour, la police d’Ekaterinbourg a interpellé Konstantin Kisseliov, président du groupe de Iabloko au sein de la Douma municipale. Il se rendait à un débat organisé par la chaîne de télévision VGTRK-Oural. Les policiers lui reprochent une publication datant de 2021, dans laquelle apparaîtrait, à l’arrière-plan, une grande lettre « N » interprétée comme une référence au nom d’Alexeï Navalny.
Un procès-verbal a été établi contre l’élu pour « démonstration de symboles extrémistes ». Kisseliov est candidat aux élections de la Douma d’État dans la circonscription uninominale n° 169, à Ekaterinbourg, dans la région de Sverdlovsk. La procédure peut donc avoir des conséquences sur sa présence dans le scrutin, même si son retrait n’a pas encore été annoncé dans les éléments disponibles.
Le récit de l’interpellation de Konstantin Kisseliov précise qu’il a été arrêté alors qu’il devait participer à un débat télévisé. Le dossier porte sur une publication ancienne, comme dans le cas de Bondarenko, et s’appuie sur la même catégorie d’infraction administrative.
Des candidats écartés avant le vote
Les deux affaires concernent des formations différentes. Le KPRF se présente comme un parti parlementaire intégré au système politique russe et constitue la deuxième force représentée à la Douma. Il critique régulièrement le parti au pouvoir, Russie unie, tout en demeurant dans le cadre institutionnel fixé par les autorités. Iabloko, de son côté, se réclame d’une ligne libérale et est identifié comme une formation opposée à la guerre.
Le retrait de Bondarenko et la procédure visant Kisseliov illustrent l’utilisation de sanctions administratives contre des candidats avant le jour du scrutin. Dans le cas du responsable communiste, la décision judiciaire est devenue le fondement formel de l’annulation de son enregistrement. Dans celui du candidat de Iabloko, la police a engagé une procédure qui pourrait être examinée par les autorités électorales.
Ce type de mécanisme permet aux commissions électorales de statuer sur la participation d’un candidat à partir d’une infraction administrative, plutôt que dans le cadre d’un affrontement électoral direct. Les procédures évoquées dans les deux dossiers concernent des contenus publiés plusieurs années auparavant et portant sur des références à Alexeï Navalny.
Le rôle de la Commission électorale centrale
La Commission électorale centrale est chargée de l’enregistrement des candidatures et de l’application des règles électorales. Dans le dossier Bondarenko, elle a appliqué l’interdiction de se présenter pendant douze mois après le rejet du recours par le tribunal régional de Saratov. La décision a été prise à quelques jours du scrutin, alors que le candidat communiste avait déjà engagé sa campagne.
Pour les formations d’opposition autorisées à participer à la vie institutionnelle, ces décisions réduisent la possibilité de présenter des candidats connus dans les circonscriptions. Bondarenko bénéficiait d’une forte visibilité médiatique au sein du KPRF. Kisseliov dirigeait le groupe de Iabloko à la Douma municipale d’Ekaterinbourg et se présentait dans une circonscription uninominale de la région de Sverdlovsk.
Les autorités russes n’ont pas, dans les informations disponibles, annoncé la décision finale concernant l’enregistrement de Kisseliov. Son interpellation et l’établissement du procès-verbal constituent néanmoins une nouvelle étape dans la procédure qui pourrait affecter sa candidature. La situation des deux hommes doit encore être examinée par les instances compétentes du processus électoral russe.
À ce stade, le KPRF a perdu l’un de ses candidats à la Douma et Iabloko fait face à une procédure visant l’un de ses représentants locaux, tandis que les autorités poursuivent l’examen des dossiers électoraux.