La victoire de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) aux élections régionales de Saxe-Anhalt, où le parti a recueilli environ 44 % des voix, constitue une menace à long terme pour les intérêts politiques et sécuritaires de la Pologne, selon le vice-ministre polonais des Affaires étrangères Ignacy Niemczycki, rapporte TopTribune.
Une alerte formulée à Varsovie
Les résultats du scrutin, rapportés le 7 septembre 2026, ont suscité une vive inquiétude à Varsovie. L’AfD, formation classée à droite radicale et favorable à un changement de ligne dans les relations avec la Russie, a réalisé un score d’environ 44 % en Saxe-Anhalt. Pour le gouvernement polonais, ce résultat confirme le renforcement du parti dans le paysage politique allemand.
Ignacy Niemczycki a qualifié cette progression de menace à long terme pour les intérêts polonais et pour l’ordre politique européen. La déclaration du vice-ministre ne présente pas le scrutin comme un simple événement régional allemand : elle établit un lien direct entre le poids électoral de l’AfD et les préoccupations de sécurité exprimées par la Pologne.
La position polonaise a été exposée dans un entretien publié par [un média turc consacré à l’actualité européenne](https://www.aa.com.tr/en/europe/poland-says-afd-victory-in-german-state-election-threatens-its-interests/4049525). Le gouvernement de Varsovie suit particulièrement les prises de position de l’AfD sur la Russie, les sanctions européennes et la guerre menée contre l’Ukraine.
Le désaccord sur la Russie et les sanctions
Le principal sujet d’inquiétude concerne l’orientation pro-russe de l’AfD. La formation appelle à la levée des sanctions adoptées contre Moscou et à la reprise des relations économiques avec la Russie. Elle critique également le processus d’intégration européenne, une position que Varsovie considère comme contraire à ses intérêts stratégiques.
Pour la Pologne, l’application d’une telle ligne par l’Allemagne pourrait modifier la politique de Berlin à l’égard de la Russie et de l’Ukraine. Les autorités polonaises redoutent aussi une remise en cause de la politique européenne actuelle, notamment de la continuité des mesures restrictives visant Moscou.
Le débat porte ainsi sur la capacité de l’Union européenne à conserver une politique commune de sanctions contre la Russie. L’AfD défend la restauration des liens économiques avec Moscou et demande l’arrêt du soutien à l’Ukraine. Une progression durable de cette formation pourrait, selon les éléments avancés par Varsovie, compliquer le maintien d’une position européenne unifiée.
Une inquiétude pour le soutien à l’Ukraine
La question ukrainienne occupe une place centrale dans l’analyse polonaise. L’AfD s’oppose au maintien du soutien accordé à Kyiv et souhaite une réorientation de la politique allemande. Pour Varsovie, une telle évolution pourrait peser sur la réponse européenne à l’agression russe contre l’Ukraine.
La Pologne estime également que le succès électoral de l’AfD comporte un risque pour la sécurité du flanc oriental de l’Europe. Cette appréciation repose sur les positions affichées par le parti concernant Moscou, les sanctions et l’aide à l’Ukraine. Elle ne constitue pas une annonce de changement de politique du gouvernement allemand, mais une mise en garde contre les conséquences possibles du renforcement de l’AfD.
Varsovie associe cette progression à trois enjeux distincts : la politique allemande envers la Russie, le niveau de soutien européen à l’Ukraine et la cohésion des États membres de l’Union européenne. Ces dossiers sont présentés par le vice-ministre polonais comme des intérêts directement liés à la sécurité de son pays.
La portée européenne du scrutin
Le résultat de Saxe-Anhalt intervient dans un débat plus large sur la place de l’AfD dans la vie politique allemande. Pour les autorités polonaises, le succès d’un parti qui conteste l’intégration européenne et demande un rapprochement avec Moscou peut entraîner une division politique de l’Union européenne sur la Russie et l’Ukraine.
La crainte exprimée à Varsovie porte notamment sur la difficulté à maintenir une réponse commune à l’agression russe. La Pologne redoute qu’un renforcement de l’AfD ne rende plus incertain le renouvellement des sanctions, la coordination européenne et la poursuite du soutien à l’Ukraine.
Le vice-ministre polonais des Affaires étrangères a donc inscrit la victoire régionale de l’AfD dans une perspective de long terme. Pour Varsovie, le résultat obtenu en Saxe-Anhalt ne se limite pas à la politique intérieure allemande : il touche aussi aux relations avec Moscou, à la solidarité européenne envers l’Ukraine et aux équilibres de sécurité du continent.
Les préoccupations polonaises portent désormais sur l’évolution de l’influence de l’AfD et sur la manière dont ses positions pourraient être prises en compte dans les débats allemands et européens.
