Édouard Balladur et Jacques Chirac : rivalité marquante lors de l'élection présidentielle de 1995

Édouard Balladur et Jacques Chirac : rivalité marquante lors de l’élection présidentielle de 1995

05.09.2026 20:56
2 min de lecture

Édouard Balladur, dernier Premier ministre de François Mitterrand, est décédé ce lundi 31 août 2026 à Paris à l’âge de 97 ans. Il restera dans l’histoire politique comme « l’ami de trente ans » de Jacques Chirac, devenu son rival lors d’une campagne présidentielle de 1995 féroce qui mettra un terme à ses ambitions, rapporte TopTribune.

Ami de longue date avec Jacques Chirac

Entré à 35 ans au cabinet de Georges Pompidou, alors Premier ministre du général de Gaulle, il participe en 1968, aux côtés de Jacques Chirac, aux accords de Grenelle avant d’entamer plus tard une carrière dans le privé. C’est dans ce secteur que Jacques Chirac, devenu président du RPR, va le chercher pour le ramener en politique dans les années 80.

Édouard Balladur fait son retour sur la scène politique en 1986, lorsque Jacques Chirac, à la tête d’une droite victorieuse aux législatives, le nomme ministre d’État chargé de l’Économie, des Finances et des Privatisations dans son premier gouvernement de cohabitation. Dans un contexte international marqué par le libéralisme économique, il met en œuvre en France un ambitieux programme de privatisations, délimitant ainsi les nationalisations des grandes entreprises réalisées par la gauche en 1981.

Connu pour son apparence tranquille, fidèle à son style britannique, il est unanimement jugé « courtois », même si certains le décrivent comme un grand bourgeois plein de morgue.

Un Premier ministre populaire

En 1988, après la réélection de François Mitterrand, la droite perd les législatives. Cinq ans plus tard, le retour d’une chambre « bleu horizon » amène Mitterrand à une nouvelle cohabitation. Jacques Chirac, chef de la droite et maire de Paris, laisse alors Édouard Balladur s’installer à Matignon. Les rôles sont clairs : Balladur en tant que Premier ministre, Chirac préparant la présidentielle de 1995.

Édouard Balladur devient un Premier ministre populaire, ses ambitions grandissant. Le 18 janvier, soutenu par une majorité de l’opinion publique, il annonce sa candidature à la présidentielle.

Une bataille fratricide

D’abord largement en tête, Balladur voit son avance diminuer au fil des semaines, son image se dégradant sous la satire de la presse. « Au fil des années, j’ai manifesté trop de distance et de froideur dans le rôle public que j’avais à jouer, si bien que la politique que j’ai inspirée ou menée moi-même a semblé au peuple français manquer de chaleur et de rayonnement », déclare-t-il.

Jacques Chirac, avec une campagne audacieuse axée sur « la fracture sociale », est finalement élu au second tour face au socialiste Lionel Jospin. Cette défaite met un terme aux ambitions nationales de Balladur et divise durablement la droite entre chiraquiens et balladuriens. Il retrouve son siège de député de Paris et préside la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale à partir de 2002. En 2006, il annonce son retrait de la vie politique à 77 ans.

Rattrapé par la justice

C’est alors qu’il est rattrapé par la justice, soupçonné d’avoir financé sa campagne présidentielle de 1995 via des rétrocommissions sur des contrats d’armement avec le Pakistan. En 2017, Édouard Balladur, qui réfute tout financement illicite, est mis en examen par la Cour de justice de la République dans le cadre de « l’affaire Karachi ». Il est finalement relaxé en 2021, mais son ex-ministre de la Défense François Léotard, aujourd’hui décédé, est condamné à deux ans de prison avec sursis.

Avec AFP.

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