La part des organisations russes déficitaires a atteint 33,5 % au premier semestre 2026, contre 30,4 % sur la même période de 2025, selon les données publiées par le Rosstat. Au total, 21 500 organisations ont enregistré une perte cumulée de 5,36 billions de roubles, soit 5 % de plus qu’un an auparavant, rapporte TopTribune.
Ces chiffres portent sur les résultats financiers des entreprises russes entre janvier et juin 2026. Le périmètre statistique exclut toutefois les petites entreprises, les banques, les établissements publics et municipaux ainsi que les organisations financières non bancaires. Les données ne couvrent donc pas l’ensemble du tissu économique russe.
La rentabilité des entreprises recule
Sur les six premiers mois de l’année, les entreprises russes ont dégagé un bénéfice cumulé de 11,7 billions de roubles. Ce montant est inférieur de 13,3 % à celui enregistré un an plus tôt. La baisse s’est concentrée en grande partie sur le mois de juin : le bénéfice consolidé des entreprises a été divisé par 5,2 sur un an, pour s’établir à 398,6 milliards de roubles.
La proportion d’organisations bénéficiaires a également diminué. Elle est passée de 69,6 % au premier semestre 2025 à 66,5 % au premier semestre 2026, soit 42 700 entreprises. La somme totale des bénéfices réalisés par ces sociétés a reculé de 8,3 %, à 17,06 billions de roubles. Les données détaillées ont notamment été relayées par les informations consacrées à la baisse du bénéfice des entreprises russes.
La diminution du nombre d’entreprises bénéficiaires et du montant de leurs profits réduit mécaniquement la base imposable de l’impôt sur les bénéfices. Cet impôt constitue l’une des recettes importantes des finances publiques russes. Le recul des résultats des entreprises peut donc affecter les recettes fédérales et régionales, alors que les dépenses militaires et sociales restent élevées, selon les éléments fournis dans la situation.
21 500 organisations dans le rouge
La hausse du nombre d’organisations déficitaires constitue l’autre indicateur central des statistiques publiées. Les 21 500 entreprises concernées ont accumulé 5,36 billions de roubles de pertes au cours du premier semestre. Le montant est supérieur de 5 % à celui observé un an plus tôt.
Le chiffre doit être lu avec la limite méthodologique rappelée par le Rosstat. Les petites entreprises ne sont pas incluses dans cette série, pas plus que les banques, les établissements publics et municipaux ou les organisations financières non bancaires. Il n’est donc pas possible, à partir de ces seuls chiffres, de mesurer précisément les résultats de l’ensemble des acteurs économiques russes.
La baisse de la rentabilité intervient alors que les entreprises doivent continuer à financer leurs dépenses courantes, leurs investissements et le remboursement de leurs emprunts. Les éléments transmis évoquent également le poids d’une politique monétaire restrictive et la hausse des coûts. Pour les sociétés déficitaires, le service de la dette peut réduire les liquidités disponibles et limiter les moyens consacrés au développement ou au renouvellement des équipements.
Le recul du bénéfice consolidé et l’augmentation des pertes ne constituent pas un résultat uniforme pour tous les secteurs. Les données font apparaître une situation particulièrement dégradée dans l’industrie du charbon, dont les pertes ont dépassé les bénéfices de 153 milliards de roubles au premier semestre 2026.
Le charbon confronté aux coûts d’exportation
La filière charbonnière russe est présentée comme l’un des secteurs les plus touchés par les difficultés logistiques et commerciales. Les sanctions occidentales adoptées en réponse à l’agression russe contre l’Ukraine ont contribué à la perte du marché européen, selon le contexte fourni. Les producteurs russes ont réorienté une partie de leurs exportations vers l’Asie, avec des rabais parfois proches du coût de production, voire inférieurs à celui-ci.
Cette réorientation a augmenté la distance entre les sites de production et les marchés de destination. Le coût des transports ferroviaires, notamment les tarifs de la compagnie des chemins de fer russes, pèse sur les marges des producteurs. La capacité limitée du Baïkal-Amour et du Transsibérien complique également l’acheminement des cargaisons vers l’est.
Dans ces conditions, une hausse des volumes exportés ne garantit pas une amélioration des résultats financiers de la filière. Les entreprises peuvent vendre davantage tout en conservant une marge réduite, voire négative, lorsque les remises commerciales et les coûts de transport absorbent le produit des ventes. Pour le premier semestre 2026, le solde sectoriel communiqué fait état de 153 milliards de roubles de pertes.
Un enjeu pour les budgets régionaux
La contraction de 13,3 % du bénéfice consolidé des organisations russes réduit les montants susceptibles d’être soumis à l’impôt sur les bénéfices. Une part importante de cette recette est attribuée aux budgets régionaux. La baisse des résultats des entreprises peut ainsi réduire les ressources disponibles pour les infrastructures, le logement et les services collectifs, ainsi que pour certaines obligations sociales.
Les chiffres du premier semestre ne permettent pas, à eux seuls, de mesurer le montant exact du manque à gagner pour les administrations publiques. Ils établissent toutefois deux évolutions simultanées : la part des entreprises bénéficiaires a diminué, tandis que la part des organisations déficitaires a progressé. Les pertes des sociétés concernées ont aussi augmenté en valeur absolue.
Les résultats publiés ne détaillent pas, dans les éléments disponibles, la situation de chaque région ni l’évolution des recettes fiscales correspondantes. Ils montrent en revanche une détérioration des indicateurs financiers des entreprises couvertes par la statistique officielle, avec un impact distinct selon les branches d’activité et les conditions d’accès aux marchés.
La période observée s’achève en juin 2026. Les prochaines publications statistiques devront préciser si la baisse du bénéfice consolidé et la progression des pertes se poursuivent au second semestre, ainsi que l’évolution des secteurs exclus du périmètre du Rosstat.