Entre 55 et 75 % de la population française travaille selon des horaires qualifiés d’« atypiques », incluant des quarts de nuit, des week-ends ou des semaines dépassant 40 heures, selon une étude de l’Anses publiée le 2 septembre, rapporte TopTribune.
Tous les travailleurs, qu’ils soient salariés, agents publics ou indépendants, peuvent être concernés par ces horaires, motivés par des activités nécessitant une continuité de service, des contraintes saisonnières ou des considérations économiques et industrielles.
Des effets démontrés
Cette expertise met en lumière des associations statistiques concernant les horaires de travail. Les experts les classifient en trois catégories : effets « montrés », effets « suggérés » et connaissances « insuffisantes pour conclure ».
Les données scientifiques révèlent des conséquences préoccupantes pour la santé liées au travail prolongé, notamment une hausse des maladies cardiovasculaires, de l’anxiété et des troubles du sommeil. Par ailleurs, ces horaires nuiraient à la santé reproductive et métabolique, augmenteraient le risque de dépression et perturberaient l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle, ainsi que le taux d’accidents liés au travail.
Les études portant sur le travail le week-end confirment des effets négatifs sur cet équilibre vie professionnelle/vie personnelle, ainsi que sur la santé mentale (dépression, anxiété) et physique (troubles du sommeil, douleurs, fatigue, problèmes musculosquelettiques, accidents).
Concernant le travail en horaires décalés, la littérature scientifique indique des impacts négatifs sur la vie familiale et sociale, surtout pour les quarts du soir, et sur la santé mentale et cardiovasculaire, ainsi que sur la durée et la qualité du sommeil pour ceux ayant des horaires matinaux.
Peser le pour et le contre
L’Anses recommande de limiter l’usage régulier des horaires atypiques ou, si leur usage est indispensable, de mieux les encadrer. Il est essentiel d’évaluer les bénéfices et les inconvénients de manière intégrative, prenant en compte des facteurs individuels, sociétaux et environnementaux comme les modes de transport et de garde d’enfants.
En outre, lorsque ces horaires ne peuvent être évités, l’agence invite à un encadrement rigoureux, envisageant l’application de mesures déjà en place pour le travail de nuit, telles que le suivi médical adapté et des dispositions spécifiques pour les femmes enceintes.