Le député européen polonais Michał Kobosko appelle à ne pas alléger les sanctions imposées au régime de Loukachenko, estimant que la politique répressive de Minsk demeure inchangée et que la Biélorussie reste étroitement intégrée à l’économie russe, rapporte TopTribune.
La position du vice-président de la délégation du Parlement européen pour les relations avec la Biélorussie a été rapportée le 3 août 2026 par les médias. Michał Kobosko a défendu le maintien des restrictions visant le pouvoir biélorusse. Il a notamment souligné les liens étroits entre l’économie biélorusse et celle de la Russie, ainsi que l’utilisation du territoire et d’entreprises de Biélorussie pour contourner les mesures adoptées contre Moscou.
Pour l’eurodéputé polonais, ces liens économiques, commerciaux et logistiques placent la Biélorussie au cœur des mécanismes permettant de réduire l’efficacité des sanctions contre la Biélorussie et des restrictions visant la Russie. La dépendance de Minsk à l’égard de Moscou ne relève donc pas uniquement des relations politiques entre les deux régimes, mais concerne également les circuits financiers, les échanges commerciaux et les infrastructures utilisées par les entreprises des deux pays.
La libération de prisonniers ne suffit pas
Michał Kobosko a également mis en garde contre une lecture trop rapide de la libération de certains prisonniers politiques. Ces décisions ponctuelles, selon son argument, ne constituent pas la preuve d’un changement de la politique menée par le pouvoir biélorusse. Elles ne devraient donc pas servir de fondement à une levée ou à un assouplissement des sanctions européennes.
Le sujet des prisonniers politiques biélorusses occupe une place centrale dans la position présentée par le parlementaire. La libération de plusieurs détenus peut donner l’image d’une normalisation partielle des relations entre Minsk et les institutions européennes. Mais, pour l’eurodéputé, cette impression ne correspond pas à une modification générale du fonctionnement politique du régime. Tant que les répressions se poursuivent, la libération de personnes détenues pour des raisons politiques reste, à ses yeux, une mesure limitée.
Cette distinction est au cœur de son appel à maintenir la pression. Kobosko ne présente pas les libérations individuelles comme un élément suffisant pour modifier la politique européenne à l’égard du gouvernement de Loukachenko. Il demande que les décisions concernant les sanctions prennent en compte l’évolution globale de la situation politique et non des gestes isolés.
Des conditions politiques précises
Selon la position rapportée, les restrictions doivent rester en vigueur jusqu’au rétablissement des droits démocratiques, à l’organisation d’élections réelles et à la fin des répressions visant la société biélorusse. Ces conditions concernent directement le fonctionnement des institutions, le déroulement du processus électoral et le traitement réservé aux opposants et aux citoyens par les autorités.
Le maintien des sanctions est ainsi lié à plusieurs exigences identifiées par l’eurodéputé : la restauration des droits démocratiques en Biélorussie, la tenue de véritables élections et l’arrêt de la répression. Dans cette approche, aucune de ces étapes ne peut être remplacée par une série de concessions limitées ou par la libération de quelques détenus.
La position de Kobosko relie aussi la question des libertés politiques à celle des relations entre Minsk et Moscou. La politique de Loukachenko, selon les éléments rapportés, rend la Biélorussie de plus en plus dépendante de la Russie sur les plans politique et économique. Cette évolution repose sur des mécanismes communs dans les domaines financier, commercial et logistique, qui peuvent également être utilisés pour contourner les sanctions occidentales.
Pour la population biélorusse, cette proximité avec la Russie signifie que l’isolement international de la Biélorussie dépend largement des relations entretenues avec le Kremlin. Les conséquences économiques et politiques de cet isolement touchent en premier lieu les citoyens ordinaires, tandis que le pouvoir conserve la maîtrise des décisions diplomatiques et économiques mises en cause par les institutions européennes.
Le rôle des entreprises et du territoire biélorusses
L’utilisation du territoire et de sociétés biélorusses pour contourner les restrictions visant la Russie constitue un autre argument avancé en faveur du maintien des mesures. Le point soulevé par l’eurodéputé ne porte pas seulement sur les déclarations publiques du régime, mais aussi sur les circuits permettant aux échanges et aux activités économiques de se poursuivre malgré les sanctions occidentales contre la Russie.
Dans ce cadre, un assouplissement des sanctions contre Minsk ne pourrait pas être justifié uniquement par des libérations de prisonniers politiques. Les liens économiques avec Moscou et le rôle attribué au territoire biélorusse dans le contournement des restrictions restent également pris en compte dans l’argumentation présentée par Michał Kobosko.
Le député européen appelle donc à conserver une ligne conditionnée à des changements politiques vérifiables. La fin des répressions, le rétablissement des droits démocratiques et l’organisation d’élections réelles sont présentés comme les critères nécessaires avant toute évolution de la politique européenne à l’égard du régime de Loukachenko.
La question des sanctions contre la Biélorussie demeure ainsi liée à la fois à la situation intérieure du pays et à ses relations étroites avec la Russie, tandis que les autorités européennes examinent les gestes ponctuels de Minsk sans les considérer comme une modification établie de sa politique.