
Depuis la fin mars 2026, de nombreux détenteurs de plans d’épargne logement reçoivent des notifications, généralement par téléphone ou e-mail, concernant la fermeture imminente de leur compte. Les banques ciblent spécifiquement les clients ayant ouvert leur PEL suite aux modifications réglementaires de mars 2011, rapporte TopTribune.
La question que posent les conseillers financiers, décrite par le site L’Internaute, est simple : avez-vous souscrit un PEL après cette date charnière de mars 2011 ? Si la réponse est affirmative, cela implique une clôture programmée de l’épargne liée à ce plan.
Une clôture législative, pas commerciale
Cette mesure ne résulte pas d’une stratégie commerciale déguisée. Depuis la réforme de 2011, la validité d’un PEL est limitée à 15 ans. Passé ce délai, il cesse de générer des intérêts à son taux initial et entre dans une phase de dormance. La législation impose alors à l’établissement financier de le clôturer automatiquement, sans intervention du client.
Il est essentiel de noter que les fonds ne sont pas perdus. Ils sont transférés vers un livret d’épargne classique, dont les taux de rémunération sont généralement moins attractifs que ceux des PEL. Toutefois, les PEL ouverts avant mars 2011 échappent à cette règle : ils continuent d’être valables sans limite tant qu’aucun retrait n’est effectué.
Cette situation risque d’affecter un grand nombre de clients. D’après les statistiques de la Banque de France citées par L’Internaute, environ 36 % des PEL feront l’objet d’une clôture automatique d’ici 2030, avec une valeur totale s’élevant à 93 milliards d’euros. En France, près de neuf millions de citoyens détiennent ce type de produit d’épargne.
Options disponibles pour les épargnants
Pour faire face à cette échéance, les épargnants disposent de plusieurs options. Ils ont la possibilité de procéder eux-mêmes à la clôture de leur plan avant la date fixée, évitant ainsi une fermeture imposée. Sinon, ils peuvent mobiliser leur PEL pour son objectif initial : financer un achat immobilier, une construction ou des travaux, ce qui permet d’accéder, après quatre ans, à un prêt épargne logement à taux préférentiel.
Cependant, pour ceux qui n’ont pas de projets immobiliers en perspective, plusieurs alternatives s’offrent à eux : livrets réglementés, comptes à terme, ou d’autres placements adaptés à leurs besoins. Certains de ces produits peuvent offrir des rendements plus compétitifs que les PEL ouverts après 2011, devenus moins attrayants avec le temps.
Ce questionnement s’inscrit dans un contexte où les taux des produits d’épargne réglementée connaissent une diminution. Par exemple, le Livret A, qui rapportait 3 % en 2023 et 2024, a vu son taux baisser à 1,7 % depuis le 1er août 2026, une baisse également observée pour le LDDS. Cette réduction a été recommandée par le gouverneur de la Banque de France, et le gouvernement n’a pas opté pour une augmentation des taux.
Pour certains épargnants, cette perte pourrait représenter plusieurs dizaines d’euros par an, bien que garder un Livret A soit toujours judicieux pour des économies de précaution.
Il reste alors à envisager des alternatives de placement pour l’argent investi au-delà de cette réserve de précaution, une question de plus en plus pressante pour des millions de détenteurs de PEL.