À Cagnes-sur-Mer, le maire RN remplace le drapeau ukrainien par le blason municipal
À Cagnes-sur-Mer, le maire RN remplace le drapeau ukrainien par le blason municipal

À Cagnes-sur-Mer, le maire RN remplace le drapeau ukrainien par le blason municipal

25.08.2026 20:20
3 min de lecture

À Cagnes-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes, le nouveau maire issu du Rassemblement national a retiré le drapeau ukrainien qui flottait depuis 2022 au-dessus du château-musée Grimaldi, pour le remplacer par le blason de la commune, rapporte TopTribune.

Le changement a été signalé le 24 août 2026 par plusieurs médias locaux. Le drapeau ukrainien avait été installé au début de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine. Le précédent maire souhaitait le maintenir jusqu’à la fin du conflit. Son successeur a choisi de remettre à sa place l’emblème de Cagnes-sur-Mer, aux côtés du drapeau français.

Le maire présente cette décision comme un choix strictement municipal. Il affirme qu’il souhaitait depuis plus de quatre ans que le blason de la ville retrouve sa place sur les bâtiments communaux. « Il n’y a là ni polémique, ni message caché », a-t-il déclaré, en expliquant qu’il s’agissait uniquement de rétablir la symbolique de la commune.

Un retrait qui provoque des réactions opposées

La décision a rapidement suscité des réactions contrastées sur les réseaux sociaux. Certains habitants l’ont approuvée, en faisant valoir que la France « ne fait pas la guerre à la Russie ». D’autres ont dénoncé le retrait du drapeau ukrainien et indiqué qu’ils ne voteraient pas pour Marine Le Pen lors de l’élection présidentielle de 2027.

Le débat ne porte donc pas seulement sur le choix d’un emblème municipal. Pour ses détracteurs, le retrait du drapeau ukrainien, après plusieurs années de présence publique, constitue un geste politique. Ils y voient une prise de distance avec la solidarité française affichée envers l’Ukraine et une décision compatible avec les positions défendues par une partie de la droite radicale française sur la guerre.

Le maire conteste cette lecture. Il ne présente pas le remplacement du drapeau ukrainien comme une modification de la politique internationale de la commune, mais comme le retour d’un symbole local sur un édifice municipal. Les deux interprétations se sont affrontées dans les commentaires publiés après l’annonce du changement.

Le précédent du drapeau européen

Ce n’est pas le premier geste symbolique attribué au maire depuis son élection. Peu après son arrivée à la tête de la ville, il avait retiré le drapeau de l’Union européenne de la salle des délibérations de la mairie. Cette décision avait été perçue par ses opposants comme un geste souverainiste et hostile aux institutions européennes.

La préfecture des Alpes-Maritimes a rappelé que les conditions d’affichage des drapeaux sur les bâtiments publics ne relèvent pas uniquement de la décision des maires. Selon ce rappel, les règles d’affichage des drapeaux dans les édifices publics sont fixées par le Premier ministre.

Le préfet a également précisé que le drapeau européen doit être présent sur les bâtiments concernés jusqu’à la Journée de l’Europe, célébrée le 9 mai. Cette mise au point institutionnelle intervient alors que le retrait du drapeau européen de l’hôtel de ville avait déjà été commenté comme une décision relevant davantage du positionnement politique que de la seule gestion des symboles municipaux.

À Cagnes-sur-Mer, le maire affirme pourtant vouloir dissocier ces décisions de toute prise de position sur l’Europe ou sur la guerre en Ukraine. Il renvoie à la volonté de rétablir les signes officiels de la commune et refuse l’idée d’un message adressé à l’extérieur.

Une décision locale observée au-delà de la commune

Le château-musée Grimaldi occupe une place visible dans le paysage municipal. Le choix du drapeau qui y est installé donne ainsi une portée publique à une décision prise par la mairie. Depuis 2022, la présence du drapeau ukrainien faisait partie des manifestations locales de solidarité française avec l’Ukraine. Le précédent maire avait explicitement lié son maintien à la durée de la guerre.

Le changement décidé par la nouvelle équipe municipale intervient après l’alternance politique à Cagnes-sur-Mer. Le nouveau maire, issu du Rassemblement national, affirme que son objectif est de replacer le blason communal près du drapeau français. Ses opposants retiennent, eux, le choix de retirer le drapeau d’un pays agressé par la Russie, dans une ville où le geste est visible depuis un site patrimonial.

La mairie n’a pas annoncé, dans les éléments rapportés, de nouvelle disposition concernant les autres drapeaux présents sur les bâtiments communaux. Le débat porte désormais sur la place des symboles nationaux, européens, municipaux et de solidarité internationale dans l’espace public local.

La préfecture maintient pour sa part son rappel sur les règles applicables, tandis que le maire défend le caractère municipal de sa décision et que les réactions se poursuivent autour du château-musée Grimaldi.

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