Trump annonce une réduction des exercices militaires avec la Corée du Sud à la suite de son désengagement dans le conflit en Iran.

Trump annonce une réduction des exercices militaires avec la Corée du Sud à la suite de son désengagement dans le conflit en Iran.

19.08.2026 07:56
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Donald Trump a annoncé, dimanche 16 août 2026 sur Truth Social, que les États-Unis vont notablement diminuer leurs exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud, rapporte TopTribune. Le président américain a expliqué cette décision par sa bonne entente avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

Cette déclaration intervient à la veille du commencement de l’exercice Ulchi Freedom Shield, qui doit durer onze jours et mobiliser environ 18 000 soldats sud-coréens. Trump a précisé qu’il était trop tard pour annuler cet exercice, bien qu’il ait qualifié ces manœuvres de coûteuses et de « signal totalement inapproprié et hostile » envers un pays qu’il considère comme non menaçant et respectueux depuis son arrivée au pouvoir.

Le président a directement établi un lien entre sa décision et le refus de Séoul de soutenir les États-Unis dans le dossier iranien. Sur Truth Social, il a évoqué une proposition faite au président sud-coréen Lee Jae Myung pour s’associer aux États-Unis dans la dénucléarisation de l’Iran.

La réponse de Lee se résumait à trois mots : « No thanks! » Lors d’une conférence de presse au Bureau ovale, le 17 août, Trump a exprimé son mécontentement face à ce refus. Il a souligné que les États-Unis comptent 39 000 soldats déployés en Corée du Sud pour protéger ce pays de la menace que représente Kim Jong Un, s’interrogeant sur le manque de soutien de Séoul dans une opération militaire relativement simple en Iran, et a insisté sur son désir d’équité.

La dimension financière est également importante. Selon l’accord établi avec l’administration Biden, la Corée du Sud doit verser 1,19 milliard de dollars en 2026 pour soutenir les 28 500 militaires américains présents sur son sol, selon le Congressional Research Service.

Trump a rappelé que séoul s’était engagée, durant son premier mandat, à verser 3 milliards de dollars par an, un engagement qui a été annulé sous la présidence de Joe Biden. Une étude du Center for International Policy, publiée en juillet 2026, estime que le coût annuel réel assumé par Washington pour ses bases et forces en Corée du Sud s’élève à environ 5,5 à 6 milliards de dollars.

La Corée du Sud ne constitue pas le seul pays pris pour cible. Trump a aussi critiqué le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne, et a annoncé qu’il envisageait de réévaluer la relation des États-Unis avec l’OTAN, une alliance dont il a souvent dénoncé les dépenses militaires jugées insuffisantes par certains membres.

Un rapprochement marqué avec Kim Jong Un

Moins de 24 heures avant son annonce concernant les exercices, Trump a partagé une photo de 2019, le montrant avec Kim Jong Un dans la zone démilitarisée (DMZ), qui sépare les deux Corées. Malgré l’expression peu amicale sur cette image, il a précisé qu’il existait de nombreuses autres photos où ils apparaissent souriants, affirmant s’entendre très bien avec Kim. Le 17 août, il a déclaré que Kim lui avait répondu, sans toutefois fournir de précisions sur le timing ou le moyen de communication.

Sydney Seiler, conseiller principal au Center for Strategic and International Studies, spécialisé sur la Corée, met en garde contre l’optimisme excessif de Trump. Il a noté que, bien que des messages aient été échangés, Pyongyang n’a pas donné suite, ajoutant que le président américain multiplie les dossiers à gérer et ne semble pas pressé de s’adresser à un régime qui, jusqu’à présent, n’a montré aucun signe de réceptivité.

En 2018, Kim avait déjà demandé une réduction des exercices militaires conjoints en échange d’un moratoire sur les essais nucléaires et les lancements de missiles intercontinentaux. À ce moment-là, Trump avait suspendu ces manœuvres, les jugeant provocatrices, avant qu’elles ne soient renouvelées en 2020 en raison de la pandémie. Cependant, la diplomatie entre les deux hommes s’était rapidement effondrée dès 2019.

Montgomery, coauteur de l’ouvrage Axis of Aggressors, se montre sceptique quant aux intentions de la Maison-Blanche. Il estime que persuader Kim Jong Un d’abandonner ses armes nucléaires est une entreprise vaine, précisant qu’il n’y a pas de prix Nobel qui attend à la fin de ce processus.

Séoul poursuit les exercices comme prévu

L’ambassade de Corée du Sud à Washington a déclaré qu’elle travaillait en étroite collaboration avec les États-Unis pour la préparation des exercices, tout en espérant que la bonne relation entre les deux dirigeants facilitera des discussions visant à instaurer la paix sur la péninsule. De son côté, la présidence sud-coréenne a confirmé que les manœuvres se dérouleraient comme prévu.

En août 2026, la Corée du Nord a effectué deux tests de missiles balistiques, interdits par les Nations Unies, détectés à quelques jours d’intervalle par Séoul, Washington et Tokyo. Le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a dénoncé les exercices conjoints, les qualifiant de « répétition d’une guerre agressive ».

Le week-end qui a précédé l’annonce de Trump, le président sud-coréen Lee Jae Myung avait néanmoins appelé à engager des discussions pour mettre fin officiellement à la guerre entre les deux pays, un conflit qui perdure techniquement depuis l’armistice de 1953.

Leif-Eric Easley, professeur à l’université Ewha à Séoul, émet des doutes quant à la stratégie du président. Diminuer ces exercices pourrait nuire à la coordination entre alliés et affaiblir la dissuasion en Asie. Selon lui, les économies réalisées en réduisant les exercices seraient marginales, tandis que les gains diplomatiques concernant les relations avec la Corée du Nord semblent très incertains.

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