Donald Trump décide de rétablir des catapultes à vapeur sur le futur USS Doris Miller, un choix qui pourrait générer des coûts exorbitants pour l’US Navy. Le 13 août, le président américain a signé un mémorandum demandant au Pentagone de remplacer les catapultes électromagnétiques EMALS, remettant ainsi en question l’innovation technologique et la modernisation des porte-avions américains, rapporte TopTribune.
Ce choix s’inscrit dans une critique plus large de la construction navale, que Trump considère trop complexe et coûteuse. Les catapultes à vapeur sont vues comme un système éprouvé, répondant à l’obsession du président pour les méthodes traditionnelles. Son mémorandum souligne une volonté de retourner à une esthétique des porte-avions de la Seconde Guerre mondiale, bien que cela implique des complications techniques.
Une catapulte efficace
Le système EMALS a été conçu pour optimiser les opérations aériennes, en offrant un contrôle d’accélération précis et une réduction des contraintes sur les aéronefs. Un système moderne comme l’EMALS pourrait réduire le personnel nécessaire à son fonctionnement à deux marins, alors que les systèmes précédents en nécessitaient une douzaine. Au mois de mars, le Gerald R. Ford avait déjà effectué plus de 36 800 lancements avec cette technologie.
Le Doris Miller, dont la quille doit être posée avant la fin de 2026 et dont la livraison est prévue pour 2034, se retrouve donc au centre de ces changements. General Atomics, fournisseur des systèmes EMALS, a déjà réalisé près de 50 % de la production, et modifier l’architecture du navire à ce stade pourrait entraîner des coûts additionnels significatifs.
Le choix esthétique du président
Au-delà des considérations techniques, Trump souhaite également modifier l’implantation de l’îlot de commandement vers une position plus centrale, rappelant les porte-avions d’antan. Ce changement esthétique pourrait avoir des répercussions sur l’organisation du pont d’envol, en optimisant l’espace pour le stationnement et la circulation des avions.
Un déplacement de l’îlot nécessiterait une révision complète de l’architecture du navire, ce qui pourrait engendrer des retards et des dépassements de coûts considérables, ce qui semble aller à l’encontre des ambitions de modernisation promise par l’administration.
Pas de menace sur les catapultes du France Libre
Étonnamment, les changements de Trump interviennent à un moment où des puissances navales comme la Chine et la France adoptent les systèmes électromagnétiques. La France, avec son futur porte-avions, le France Libre, a opté pour des catapultes similaires, tandis que l’US Navy semble envisager un retour à des systèmes jugés obsolètes.
Heureusement, ces décisions ne devraient pas nuire au projet français. Le ministère des Armées a affirmé qu’il n’existe « aucun risque technique ou industriel particulier » pour la fabrication et l’entretien des catapultes électromagnétiques destinées au France Libre, soulignant que les échanges avec les homologues américains se poursuivent pour assurer la meilleure intégration des technologies.