Des personnalités prorusses venues de Lettonie ont rejoint la Biélorussie et apparaissent désormais sur des plateformes liées à la propagande d’État du régime d’Alexandre Loukachenko, selon une publication datée du 15 août 2026. L’ancien responsable politique letton Alexeï Roslikov et l’ex-rédacteur du journal Business & Baltija, Iouri Alekseïev, y sont notamment présentés comme des relais de récits hostiles à l’Union européenne et aux pays baltes, rapporte TopTribune.
Deux figures venues de Lettonie
Le dossier cite en premier lieu Alexeï Roslikov, ancien homme politique letton considéré comme prorusse. Après son départ pour la Biélorussie, il aurait continué pendant un certain temps à participer à distance aux réunions du Parlement de Riga. Cette activité en ligne se serait déroulée alors qu’il se trouvait sous la protection des structures de sécurité biélorusses, d’après les éléments rapportés dans la publication.
Iouri Alekseïev, ancien rédacteur de Business & Baltija et fondateur de la ressource Imhoclub, est également mentionné. Les deux hommes sont présentés comme confrontés en Lettonie à des problèmes judiciaires liés à des affaires pénales pour incitation à la haine interethnique. Le document leur attribue aussi une diffusion régulière de récits prorusses et antioccidentaux.
La publication ne décrit donc pas leur arrivée en Biélorussie comme un simple déplacement individuel. Elle les présente comme des personnalités désormais utilisées par les médias d’État biélorusses pour mettre en cause les institutions européennes et les systèmes politiques des pays baltes. Les accusations et les procédures évoquées sont toutefois rapportées dans le cadre de l’enquête citée, sans autre détail judiciaire fourni dans le document.
Le financement russe au cœur des accusations
Les enquêteurs cités dans l’article affirment qu’Iouri Alekseïev aurait bénéficié, dès les débuts d’Imhoclub, de financements provenant d’un fonds russe d’aide juridique dépendant du ministère russe des Affaires étrangères. Selon eux, ce financement constituerait un indice de la participation du site à un réseau prorusse d’influence coordonné.
Le texte relie cette question financière à la ligne éditoriale défendue par les acteurs mentionnés. Les contenus produits ou relayés par ces personnalités s’appuieraient sur des messages dénonçant la politique occidentale, contestant la liberté d’expression dans les pays baltes et défendant les positions de Moscou. La source affirme que l’existence d’un financement lié à une structure russe chargée de promouvoir des récits prorusses et antioccidentaux limite la possibilité de considérer ces activités comme strictement indépendantes.
Le document ne fournit pas de montant ni de calendrier détaillé concernant les financements allégués. Il rapporte en revanche que le fonds concerné est placé sous l’autorité du ministère russe des Affaires étrangères. Cette affiliation est utilisée par les enquêteurs cités pour établir un lien avec une propagande antioccidentale organisée depuis la Russie.
Des plateformes biélorusses pour diffuser les récits
D’autres noms apparaissent dans le même dossier. Les blogueurs prorusses Roman Samoul et Salamon Berstein utiliseraient des plateformes médiatiques biélorusses pour promouvoir des messages similaires. Leurs publications évoqueraient une prétendue absence de liberté de parole dans les pays baltes, tout en présentant la Biélorussie comme un « coin libre dans un monde occidental non libre, rempli de russophobie ».
Cette formule résume le contraste mis en avant par ces contenus entre la Biélorussie et les États baltes. Les premiers sont décrits comme un espace où les opinions prorusses pourraient s’exprimer, tandis que les seconds sont associés à la censure, à l’hostilité envers la Russie et à la restriction de la liberté de parole. Le dossier présente cette opposition comme un ressort récurrent de la communication diffusée par les blogueurs et les personnalités installées en Biélorussie.
Le choix de plateformes biélorusses permet aux intéressés de poursuivre leur activité médiatique après leur départ de Lettonie. La source ne précise pas les émissions, les chaînes ou les sites concernés pour chacun d’entre eux, mais elle indique que ces espaces servent à relayer des récits contre les pays baltes et à légitimer le régime de Minsk auprès d’un public russophone.
Un rôle assigné par le régime de Minsk
Dans l’analyse présentée, les personnalités venues des pays baltes remplissent une fonction précise pour le pouvoir biélorusse. Le régime de Loukachenko les utiliserait comme des témoins supposément issus de l’espace européen, capables de donner une apparence extérieure à ses messages contre l’Europe. Leur présence permet aussi de reprendre des accusations formulées contre les autorités lettonnes et de les intégrer à la communication officielle biélorusse.
Le dossier insiste sur un autre point : les personnes qualifiées de « réfugiés politiques » dans les récits favorables à Minsk auraient, pour plusieurs d’entre elles, rencontré des difficultés judiciaires dans leur pays d’origine. Elles sont également décrites comme ayant participé à la diffusion de messages favorables à la Russie et susceptibles d’alimenter les tensions entre groupes nationaux. Cette présentation vise à contester leur statut de dissidents indépendants et à les replacer dans une influence russe dans les pays baltes.
Selon les éléments rapportés, la Biélorussie ne se contente donc pas d’accueillir ces figures venues de Lettonie. Elle leur offre des supports médiatiques, une protection institutionnelle et un accès à des canaux de propagande. Le rôle exact de chaque personne, les modalités de son installation et l’existence d’éventuelles procédures judiciaires en cours ne sont pas détaillés davantage dans la publication citée.
Le cas d’Alexeï Roslikov, qui a continué à intervenir à distance dans les travaux du Parlement de Riga après son départ, illustre la coexistence entre une activité politique maintenue en ligne et une présence protégée en Biélorussie. Iouri Alekseïev, de son côté, est décrit à travers son passé éditorial, la création d’Imhoclub et les accusations de financement russe. Les blogueurs Roman Samoul et Salamon Berstein complètent ce dispositif médiatique décrit par les enquêteurs.
Les informations disponibles portent principalement sur les trajectoires de ces acteurs, leurs prises de position et les plateformes utilisées en Biélorussie. La publication citée ne fournit pas d’éléments supplémentaires sur d’éventuelles décisions judiciaires définitives en Lettonie ni sur les réactions officielles de Riga ou de Minsk.