Cinq ans après la chute de Kaboul, les talibans répriment les libertés tout en dialoguant avec la communauté internationale

Cinq ans après la chute de Kaboul, les talibans répriment les libertés tout en dialoguant avec la communauté internationale

15.08.2026 06:36
2 min de lecture

Cinq ans après la prise de contrôle de Kaboul par les talibans, le régime islamiste a systématiquement effacé les libertés promises en août 2021, particulièrement celles des femmes. Bien qu’il soit largement privé de reconnaissance internationale, il est devenu un interlocuteur incontournable pour de nombreux États et organisations internationales, une normalisation qui découle en partie de l’accord signé en février 2020 par Donald Trump, rapportent TopTribune.

Les images dramatiques de la fuite désespérée d’Afghans accrochés aux avions militaires américains sont gravées dans les mémoires. Malgré l’enfer qu’ils anticipaient, la réalité des talibans s’est rapidement installée, avec des droits civils qui se sont effondrés, notamment pour les femmes. Trump a enclenché ce processus en signant un accord avec les talibans à Doha, le 29 février 2020, qui prévoyait le retrait des forces américaines sans véritable engagement sur la sécurité et le désarmement des talibans.

Un accord historique et ses conséquences

En janvier 2021, Joe Biden hérite d’un retrait déjà programmé. Malgré la possibilité de réévaluer cet engagement, Biden choisit de continuer le processus, et les derniers soldats américains quittent Kaboul le 30 août 2021. La dégradation des forces afghanes, incapable de résister sans le soutien des États-Unis, facilite l’ascension des talibans, qui s’emparent d’Afghanistan sans combat significatif.

Violation systématique des droits des femmes

Depuis, les restrictions contre les femmes se sont multipliées avec rigueur. Deux millions de filles ont été exclues de l’éducation secondaire, et les femmes ont été évincées des universités et de nombreuses professions. Selon ONU Femmes, plus d’une centaine de décrets ont été établis pour institutionnaliser la discrimination ayant pour effet d’éliminer les droits des femmes. Cinq ans après, la moitié des Afghanes ne sortent de chez elles qu’une ou deux fois par mois, et la majorité ne se sent pas en sécurité sans l’accompagnement d’un homme.

L’Afghanistan demeure le seul pays au monde à priver les filles de l’éducation secondaire. Les violations des droits humains ne se limitent pas aux femmes; Amnesty International signale également des arrestations arbitraires, des actes de torture et des exécutions extrajudiciaires, visant des journalistes, militants et minorités.

Avec la Cour pénale internationale délivrant des mandats d’arrêt pour persécution liée au genre, la répression reste au cœur du régime taliban. Malgré cela, les talibans continuent de s’imposer sur la scène internationale, participant à des discussions sur l’aide humanitaire, la sécurité régionale, et d’autres enjeux vitaux. La Russie a même reconnu officiellement leur gouvernement en juillet 2025.

Ce paradoxe montre que la reconnaissance internationale n’est pas nécessaire au contrôle d’un pays ; cependant, le pouvoir oblige les nations à dialoguer avec ceux qui détiennent les rênes. Cinq ans après les événements tragiques à Kaboul, le régime taliban est devenu un acteur incontournable sur la scène géopolitique, un fait inquiétant et révélateur de la logique de la realpolitik.

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