Scandale autour de Julien Duguay, influenceur québécois
Le 10 août 2025, l’influenceur québécois Julien Duguay, connu sous le nom de Medusa, a suscité une vive controverse en affirmant que des serveuses travaillant sur un yacht qu’il avait loué pour un événement devraient « coucher avec [les clients] » et effectuer des fellations, rapporte TopTribune.
Cette déclaration a été faite dans une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux durant un événement qui a eu lieu du 7 au 11 août à Miami. Medusa, qui a organisé une fête en direct sur Twitch, a justifié ses propos en rapportant le coût de la location du yacht, d’un montant de 180 000 dollars, comme étant une attente de services sexuels en retour.
Face à de tels propos, certains invités, dont Lewis le Fou, ont choisi de quitter le yacht, affirmant vouloir se dissocier de ces déclarations « inacceptables », selon son post Instagram du 10 août. Duguay, déjà controversé pour sa websérie Homeless à Rolex, a une influence notoire sur ses 80 000 abonnés sur Instagram.
L’importance de dénoncer la misogynie
Judith Bachand, mère d’un adolescent, a exprimé son indignation suite à cet incident et a salué la réaction de Lewis le Fou. « La dénonciation est cruciale dans tous les secteurs d’activité. Encore plus pour les influenceurs », a-t-elle déclaré, précisant que ceux qui excusent le comportement de Medusa encouragent un message néfaste. Samuel Tanner, professeur à l’Université de Montréal, a qualifié ces propos de « condamnables d’un point de vue moral et éthique », soulignant leur caractère dégradant.
Des experts, comme Laurence Grondin-Robillard, estiment que la présence passive de certains créateurs de contenu sur le yacht, qui ont toléré des commentaires inappropriés, était dictée par des enjeux de commandites. Elle déplore que de tels comportements soient normalisés et que ces influenceurs aient agi uniquement lorsque leurs intérêts financiers étaient en jeu.
Banalisations de l’humour misogyne
Judith Bachand a eu une conversation avec son fils sur ces commentaires, qui lui a affirmé qu’il ne s’agissait que d’une blague. Ce qui l’a mise en colère, car selon elle, de tels propos sont violents. Elle a l’impression de devoir constamment corriger son fils pour éviter qu’il ne tombe dans le piège du masculinisme, une dynamique que Tanner qualifie de « normalisée chez les jeunes ».
La banalisation de ce type de langage à travers l’humour n’est pas nouvelle, et ceux qui s’opposent à ce comportement sont souvent rejetés par les partisans de ces tendances. Tanner a indiqué que des plateformes comme Twitch favorisent ce genre de contenus provocateurs, créant un environnement propice à la misogynie.
Propositions pour un changement positif
Pour remédier à de telles situations, Grondin-Robillard plaide pour que les créateurs de contenu reçoivent une formation afin d’éviter des dérives similaires. Elle suggère également la mise en place d’une ligne de soutien pour les influenceurs afin de les aider à devenir des modèles positifs pour leurs abonnés. Une ligne d’écoute pourrait également aider les abonnés sensibilisés par ces controverses, en leur offrant un espace pour traiter leurs émotions face aux comportements d’influenceurs qu’ils admirent.