Au cours d’une visite à l’élevage de faisans des Monts du Lyonnais à Saint-Laurent-de-Chamousset, près de Lyon, Pierre Rigaux, fondateur de l’association Nos Viventia, a découvert des conditions d’élevage alarmantes. Ce samedi matin, il a été témoin de « centaines de cadavres » entassés dans des remorques de quads et a constaté une odeur « répugnante » régnant sur les lieux. L’écologue a noté de graves problèmes de souffrance animale et sanitaire, incitant à une urgence d’intervention, rapporte TopTribune.
Rigaux a observé que, depuis la route, des centaines de carcasses étaient visibles dans les voilières. Le lundi suivant sa visite, il a relevé que les carcasses étaient encore présentes, accusant un ramassage trop lent. « Les carcasses sont mises dans des poubelles domestiques, non conformes aux normes, rendant le site accessible à tous, ce qui pose un risque en cas de maladie », a-t-il dénoncé.
Un système inadapté aux besoins des animaux
Le fondateur de Nos Viventia a été informé à l’accueil de l’élevage que la mortalité des oiseaux serait due à la chaleur. Cependant, il conteste cette explication, soulignant que d’autres établissements dans la même région font face à des conditions météorologiques similaires sans enregistrer une mortalité aussi élevée. « Si c’est dû à la chaleur, l’éleveur n’a pas su répondre à ce défi. En période de canicule, il faut plus d’ombre et d’eau », a-t-il insisté, mentionnant qu’un simple système de goutte-à-goutte ne suffit pas.
Suite à ces constatations, l’association a informé les services de l’État pour demander une inspection. Une plainte a également été déposée pour « défaut de soins et maltraitance ». « Les conditions de ces élevages sont incompatibles avec les besoins des faisans », a souligné l’association. Rigaux a affirmé que c’était la première fois qu’ils avaient connaissance d’un taux de mortalité aussi élevé dans un élevage.
« Une première » dans la région
Le syndicat national des producteurs de gibiers de chasse (SNPGC) a également réagi, affirmant que cet incident est sans précédent dans cette région. Jean-Christophe Chastang, président du SNPGC, a relaté que l’éleveur était visiblement choqué par ces événements et « ne parvenait plus à dormir ». « Élever des animaux exige un amour et une attention particuliers. En période de chaleur, les éleveurs doivent veiller à ce que leurs animaux soient dans les meilleures conditions », a-t-il expliqué.
Un protocole sanitaire suivi de près
D’après Chastang, les propriétaires de l’élevage ont remarqué les premiers décès il y a dix jours, entraînant une alerte immédiate des services de l’État afin de vérifier les conditions d’élevage. Une enquête de la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP) est actuellement en cours. La préfecture a confirmé que l’élevage est sous la surveillance d’un vétérinaire sanitaire.
Selon Chastang, les fortes chaleurs ont été à l’origine d’un problème sanitaire plus complexe. « Cela a conduit à des maladies parmi les oiseaux », a-t-il clarifié, indiquant que des vaccinations et des traitements étaient en cours pour contrôler la situation. L’hypothèse d’un virus a toutefois été écartée par les autorités.
Concernant les méthodes de collecte des oiseaux morts, Chastang souligne qu’elles sont conformes et réfute les accusations de Rigaux, affirmant que l’association n’avait pas reçu l’autorisation nécessaire pour inspecter l’élevage. « Nous suivons un protocole sanitaire précis », a-t-il conclu.
L’association veut la fin de ces élevages
Au-delà de l’alerte sur ces conditions d’élevage inacceptables, Pierre Rigaux appelle à abolir ces pratiques. « Des millions d’oiseaux sont élevés uniquement pour la chasse, il est temps que cela cesse », a-t-il déclaré. Selon lui, les faisans sont traités comme « de la chair à canon » pour les activités de chasse.
Pour soutenir sa cause, l’association a lancé une pétition qui a déjà recueilli près de 40 000 signatures, revendiquant une meilleure protection des animaux dans les élevages. « Il est urgent de légiférer pour garantir le bien-être de ces oiseaux, aujourd’hui totalement ignoré », a-t-il conclu. Entouré d’un contexte de mortalité élevée et de négligences, cet incident soulève des questions cruciales sur l’élevage destiné à la chasse en France.