La métropole de Rouen Normandie porte plainte contre BASF pour pollution par les PFAS

La métropole de Rouen Normandie porte plainte contre BASF pour pollution par les PFAS

07.08.2026 19:16
3 min de lecture

La métropole Rouen Normandie a déposé plainte contre BASF Agri Production le 30 juillet, accusant l’entreprise de rejeter des quantités importantes de TFA, un polluant persistant dérivant de la dégradation de certains PFAS, dans la Seine, rapporte TopTribune.

Cette action en justice cible le site de BASF situé à Saint-Aubin-lès-Elbeuf, au sud de Rouen. La métropole avance que les rejets sont « massifs » et comptent « des concentrations élevées en PFAS, TFA ». La plainte repose sur des rapports élaborés par la Surfrider Foundation et l’association Générations Futures, qui soulignent l’ampleur de la pollution.

Pas de trace de plainte selon BASF

En réponse, BASF a déclaré par l’intermédiaire de l’AFP qu’elle n’était « pas au courant à ce stade du contenu d’une plainte » et que l’entreprise a pris connaissance des accusations par les médias. Les responsables du site affirment être « fortement engagés à réduire ses émissions de TFA dans l’eau » tout en respectant « les limites fixées par la Préfecture et la DREAL ».

L’entreprise précise qu’elle a réduit de plus de 90 % ses rejets, ce qui aurait permis de maintenir une « activité industrielle importante ». Ce site, classé Seveso seuil haut, produit le Fipronil, un insecticide controversé en Europe mais toujours exporté vers le Brésil.

Atteinte aux poissons et aux espèces protégées

Les infractions exposées par la métropole concernent une atteinte potentielle aux poissons et aux espèces protégées, ainsi qu’une pollution des eaux et du milieu naturel. Le TFA n’est pas encore inclus parmi les 20 PFAS soumis à des limites maximales de concentration par l’Union européenne, bien que plusieurs études interrogent ses effets préjudiciables, notamment sur la reproduction.

Selon la métropole, le Comité d’évaluation des risques de l’ECHA a émis, en juin 2026, un avis considérant le TFA comme toxique pour la reproduction. L’Institut néerlandais de la santé publique et de l’environnement propose quant à lui une norme de 2,2 µg/L dans le milieu naturel, un niveau estimé près de 13.000 fois inférieur à la concentration relevée en 2024 à la sortie de la station d’épuration de Saint-Aubin-lès-Elbeuf lors d’une campagne d’analyses.

Les conséquences de cette situation pourraient avoir des répercussions significatives sur la biodiversité de la région. Le rejet de polluants comme le TFA soulève des inquiétudes croissantes parmi les défenseurs de l’environnement, qui craignent pour la santé des écosystèmes aquatiques locaux. La métropole de Rouen a pris des mesures proactives pour protéger ses ressources en eau, signalant une volonté de responsabiliser des entreprises comme BASF pour leurs actions potentiellement nuisibles.

Dans ce contexte, le débat public sur les normes environnementales et la protection des écosystèmes s’intensifie. La surveillance accrue des rejets industriels et la demande de transparence de la part des citoyens pourraient inciter les autorités à augmenter les régulations sur les substances chimiques, telles que les PFAS, à l’échelle européenne.

Face à cette situation, BASF devra collaborer avec les autorités et les ONG pour démontrer ses efforts en matière de durabilité et de réduction de l’empreinte écologique de ses opérations. La pression de la société civile pourrait entraîner un changement significatif dans la façon dont les entreprises chimiques gèrent leurs impacts environnementaux, entraînant des conséquences pour l’industrie chimique en Europe.

Cette affaire met en lumière les responsabilités des entreprises face à la montée des préoccupations écologiques et de la réglementation. À mesure que les citoyens deviennent de plus en plus conscients de l’importance d’une conformité stricte aux normes environnementales, il est probable que ce type de recours juridique se généralise, amenant à un climat d’exigence plus stricte envers les acteurs industriels, afin de protéger l’environnement et les ressources naturelles pour les générations futures.

Il est crucial que les groupes environnementaux continuent d’exercer une pression sur les entreprises pour garantir que leurs actions ne compromettent pas l’intégrité des écosystèmes et la santé publique. La confrontation entre développement industriel et protection de l’environnement sera sans doute un point central des politiques publiques dans les années à venir.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER