La responsable des Écologistes, Marine Tondelier, est devenue la cible des critiques de la droite et de l’extrême droite. Alors que son parti met en avant depuis des années les enjeux liés au dérèglement climatique, elle peine à faire entendre ses idées en pleine crise climatique sans précédent en France. L’été 2026, marqué par des vagues de chaleur extrême, des incendies ayant ravagé 120.000 hectares et une sécheresse affectant 98 départements, « confirme tout ce que les écologistes disent depuis cinquante ans », a-t-elle souligné sur X, rapporte TopTribune.
Pourtant, sur les réseaux sociaux et dans les médias, la droite et l’extrême droite imputent la responsabilité de la situation aux Écologistes, s’indignant lorsque Marine Tondelier évoque les « pyromanes politiques » pour critiquer l’inaction du gouvernement face au réchauffement climatique. Sur Sud Radio, le député RN Julien Odoul a ainsi accusé les Verts d’avoir « refusé les débroussaillages », une allégation infirmée par les Écologistes qui précisent que cette polémique, remontant à 2022, concernait un projet de gestion contesté d’une forêt précise à La Teste-de-Buch (Gironde).
« Les droites climatosceptiques cherchent une diversion car ils ont beaucoup à perdre »
Ce climat d’animosité a culminé fin juillet, lorsque Marine Tondelier a été insultée par un responsable syndical agricole après avoir critiqué le vote d’une loi d’urgence agricole réintroduisant à titre dérogatoire deux pesticides interdits en France. Le syndicaliste a finalement présenté ses excuses. Selon Tondelier, « la colère des Français est réelle et légitime », ajoutant que les libéraux et les droites climatosceptiques cherchent à détourner l’attention de leurs propres manquements. « Il leur est plus facile de désigner un bouc émissaire que de remettre en question leur système », a-t-elle déclaré à l’AFP. « S’ils évoquent un supposé dogmatisme écologiste, c’est pour masquer leur dogmatisme économique », a-t-elle noté, en soulignant que le productivisme est une impasse.
Les Écologistes sont souvent accusés par leurs adversaires de promouvoir une « écologie punitive », reprochant leur position sur les mégabassines ou la climatisation. Marine Tondelier admet que la climatisation est devenue « nécessaire », tout en précisant qu’elle n’est pas une solution pour atténuer le dérèglement climatique. David Cormand, eurodéputé, estime que le débat sur la climatisation lancé en début d’été a permis à la droite de détourner l’attention des véritables causes structurelles de la situation.
ISF climatique, suppression des niches fiscales fossiles, taxation des superprofits… Les Verts ignorés
Alors que juillet 2026 s’établit comme le mois le plus chaud jamais enregistré en France et que les questions environnementales sont devenues prioritaires pour les Français, Marine Tondelier peine à imposer ses propositions. Sa demande d’une réunion de crise pour aborder les incendies, à organiser par Matignon ou l’Élysée avec les chefs de partis et de groupes parlementaires, n’a pas reçu de réponse de l’exécutif.
Elle n’a pas non plus obtenu de réaction à sa proposition d’« abolition des privilèges climatiques ». Tondelier plaide pour un ISF climatique, la suppression des niches fiscales fossiles et la taxation des superprofits des entreprises pétro-gazières et du transport maritime pour financer la transition écologique. David Cormand a noté que ceux qui continuent à attaquer ou stigmatiser l’écologie semblent aujourd’hui avoir plus d’audience que les Écologistes, considérant cela comme une alliance politique entre les partisans du statu quo économique et les populistes d’extrême droite.