Hypertension artérielle : l'importance d'un traitement régulier pour éviter des complications graves

Hypertension artérielle : l’importance d’un traitement régulier pour éviter des complications graves

29.07.2026 13:46
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La tension artérielle représente la force exercée par le sang contre les parois des artères et se mesure à l’aide de deux chiffres : la pression systolique, lorsque le cœur se contracte, et la pression diastolique, lorsqu’il se relâche. On définit l’hypertension artérielle lorsque la pression systolique mesurée en consultation dépasse 140 mmHg et/ou la pression diastolique est égale ou supérieure à 90 mmHg. Pour les auto-mesures, les valeurs limites respectives sont de 135/85. « Il suffit qu’un des deux chiffres soit élevé pour parler d’hypertension », précise le Dr Yara Antakly Hanon. « Lorsqu’un chiffre élevé est constaté, il est crucial de le confirmer, soit lors d’une seconde consultation, soit par des mesures en dehors du cabinet médical », rapporte TopTribune.

En France, environ 17 millions de personnes souffrent d’hypertension artérielle. « Près de 6 millions de Français ignorent qu’ils en sont atteints. Cette maladie est souvent asymptomatique. Moins de 10 % des patients présentent des signes comme des maux de tête, des vertiges ou des saignements de nez, qui restent peu spécifiques », explique le Dr Hanon. Un autre problème majeur est le manque de dépistage. « Certains patients ne consultent pas, tandis que d’autres ont déjà présenté des chiffres élevés, souvent attribués à tort à un stress passager. Il est essentiel de ne jamais banaliser une tension élevée. »

Une maladie qui expose à des complications graves

L’hypertension artérielle affaiblit progressivement les vaisseaux sanguins. « Une pression trop élevée cause un épaississement des artères, qui peuvent se dilater ou se rompre, tout en augmentant le travail du cœur. » Les complications potentielles sont multiples et sévères. « Elles peuvent affecter tous les organes », alerte le Dr Yara Antakly Hanon. « Au niveau cérébral, le risque majeur est l’accident vasculaire cérébral. » L’HTA joue également un rôle dans l’apparition de troubles cognitifs. « On sait aujourd’hui qu’elle favorise les démences, y compris la maladie d’Alzheimer, chez les patients non traités », ajoute-t-elle.

Le cœur est également menacé, avec un risque accru d’angine de poitrine, d’infarctus du myocarde ou d’insuffisance cardiaque. « Les reins peuvent également être touchés, menant à une insuffisance rénale sévère nécessitant une dialyse. C’est pourquoi une prise en charge précoce est cruciale. Plus l’hypertension est traitée tôt, plus on limite ces risques à long terme », insiste la cardiologue.

Adhérence au traitement : un facteur clé pour éviter les complications

L’hypertension artérielle est une maladie chronique nécessitant un traitement à long terme, en complément de mesures hygiéno-diététiques. Les médicaments permettent de contrôler efficacement la pression artérielle et de réduire considérablement le risque de complications.

« Traiter l’hypertension, c’est diminuer le risque d’infarctus, d’insuffisance cardiaque et d’AVC », souligne le Dr Yara Antakly Hanon. Cependant, l’adhésion au traitement demeure insuffisante. La raison principale : l’absence de symptômes. « Les patients ne ressentent rien. On leur demande de suivre un traitement pour une maladie dont ils ne se plaignent pas. C’est tout le défi. »

Améliorer l’adhérence passe d’abord par la sensibilisation. « Une véritable consultation d’annonce est nécessaire, où l’on prend le temps d’expliquer que l’hypertension n’est pas qu’un chiffre, mais un risque réel pour les vaisseaux et les organes. » La simplification des traitements représente un autre levier majeur.

L’implication du patient est aussi essentielle. « L’automesure est un outil très pédagogique. Elle permet aux patients de visualiser leurs chiffres, de constater l’effet du traitement et de mieux comprendre son importance. On sait que les patients qui pratiquent l’automesure sont plus engagés et respectent mieux leur traitement. » Prendre en compte les effets secondaires est également crucial. « Un patient qui ne se plaignait de rien et qui développe des effets indésirables risque d’arrêter son traitement s’il n’est pas accompagné. Il faut adapter si nécessaire. »

Enfin, un suivi régulier est indispensable pour ajuster la prise en charge et atteindre les objectifs. « Dans la majorité des cas, on parvient à contrôler la tension. Les formes réellement résistantes restent rares. »

En parallèle du traitement, les mesures hygiéno-diététiques restent essentielles : réduction du sel, activité physique régulière, limitation de l’alcool, perte de poids en cas de surpoids et prise en charge des autres facteurs de risque cardiovasculaire (tabagisme, excès de mauvais cholestérol). « Bien qu’hypertension soit une maladie silencieuse, ses conséquences ne le sont pas. Bien suivie, elle peut être contrôlée efficacement. C’est un enjeu majeur de prévention », conclut le Dr Yara Antakly Hanon.

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