Des incendies ravagent le nord du bassin d’Arcachon
Un incendie, déclaré depuis le 22 juillet à Saumos, a détruit plus de 4 800 hectares de forêt dans le nord du bassin d’Arcachon. Ce jeudi 23 juillet, le feu demeure hors de contrôle entre Le Porge et Lège-Cap-Ferret, entraînant l’évacuation préventive de plus de 20 000 personnes et la mobilisation de 700 pompiers, rapporte TopTribune.
Ce sinistre, qui a débuté sur la commune de Saumos, s’est rapidement étendu au Porge, menaçant ensuite Lège-Cap-Ferret, propulsé par des vents forts à travers la forêt de pins des Landes de Gascogne. Selon plusieurs sources, le départ de feu pourrait être lié à un engin de débroussaillage utilisé sur le terrain.
Les autorités privilégient actuellement l’hypothèse d’un accident. En conséquence, la préfecture a décrété une interdiction de tous travaux forestiers utilisant des moteurs thermiques dans le département, afin de prévenir tout nouveau départ de feu.
Les évacuations, ordonnées dès mercredi soir, concernent principalement des vacanciers séjournant dans des campings, un secteur très fréquenté à cette période de l’année. Une quinzaine de centres d’accueil ont été ouverts pour héberger les personnes évacuées.
Un sapeur-pompier blessé
À Lège-Cap-Ferret, le quartier le plus menacé a été évacué en urgence. D’autres habitants demeurent confinés, en attente d’informations sur l’évolution de la situation. Un sapeur-pompier a subi des blessures lors d’une explosion de gaz alors qu’il intervenait sur des domiciles en feu. Il a été transporté aux urgences et, selon les premières estimations, au moins six maisons ont été détruites.
La tension est palpable chez les résidents. John Wilmes, 46 ans, a exprimé son anxiété : « On voit les avions qui passent régulièrement, c’est assez anxiogène, on se croirait en zone de guerre ». Un autre habitant a déclaré : « Nous ne sommes pas sereins du tout. Il y avait une colonne de feu extrêmement menaçante, à quelques centaines de mètres. »
Pour lutter contre les flammes, environ 700 pompiers sont mobilisés, soutenus par 44 militaires de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris. Deux Canadair, deux Air Tractor et un Dash réalisent des rotations aériennes, et plus de 300 gendarmes participent également aux opérations.
Trois avions bombardiers d’eau européens
Les conditions d’intervention continuent d’être périlleuses. Jean-Luc Gleyze, président du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de Gironde, a averti : « Les prochaines heures seront difficiles. Les vents se sont levés et sont imprévisibles. Les pompiers commencent à être très fatigués. »
Face à l’ampleur de l’incendie, la France a activé le mécanisme européen de protection civile. La Commission européenne a annoncé l’envoi de trois avions bombardiers d’eau pour renforcer les moyens en place.
Cet incident survient dans un contexte particulièrement éprouvant pour les pompiers, alors que deux d’entre eux ont perdu la vie lors d’un précédent incendie près de l’aéroport de Bordeaux, suivi du décès d’un autre pompier en Savoie. Les syndicats dénoncent un manque de ressources et l’épuisement des équipes face à l’augmentation des feux durant cette période estivale.