Sanction exceptionnelle pour la sénatrice Christine Herzog après des accusations de harcèlement
Le Bureau de la Haute Assemblée a prononcé une censure avec exclusion temporaire à l’encontre de la sénatrice de Moselle, Christine Herzog, membre du groupe Union centriste. Cette décision a été adoptée à l’unanimité et représente la sanction la plus sévère prévue par le règlement du Sénat, rapporte TopTribune.
Christine Herzog se voit interdite d’accès au Palais du Luxembourg durant quinze jours de séances publiques. De plus, elle devra suivre une formation visant à « mieux exercer ses fonctions d’employeur ». Les conséquences financières de cette sanction sont significatives : la sénatrice perdra la quasi-totalité de ses indemnités pendant six mois, soit une perte estimée à 32 000 euros, selon un responsable sénatorial.
Cette mesure disciplinaire découle d’accusations de « harcèlement moral » à l’encontre d’une de ses collaboratrices. Le Sénat souligne que Christine Herzog a manqué à son devoir déontologique en ne respectant pas le principe de dignité et de probité exigé de tous les parlementaires.
Un signalement au printemps
L’affaire débute avec un signalement fait au printemps par la collaboratrice concernée, actuellement en arrêt maladie. Après une enquête disciplinaire et plusieurs auditions, le Comité de déontologie a mis en lumière des comportements allant au-delà des simples accusations initiales. Christine Herzog aurait permis à son compagnon, ancien collaborateur parlementaire, d’exercer une « autorité de fait » sur ses employés, selon la décision du Bureau.
Ce compagnon avait déjà été critiqué en 2022 pour avoir utilisé des ressources du Sénat afin de soutenir la candidature de François Asselineau, le président de l’Union populaire républicaine (UPR), pour la présidentielle. La procédure disciplinaire a également révélé que cet individu aurait continué à utiliser les moyens du Sénat pour obtenir des parrainages électoraux.
Des allégations de détournement de fonds
Bien que son contrat de travail ait pris fin en 2022, en raison de la législation interdisant aux parlementaires d’employer des membres de leur famille, il est apparu que ce compagnon continuait à influencer le cabinet de Christine Herzog. Il aurait, par exemple, imposé une surcharge de travail à une collaboratrice, dont les conditions de travail se seraient détériorées, menaçant sa santé selon les déclarations du Bureau.
Les implications de la sénatrice dans cette affaire sont jugées graves, avec des possibles détournements de fonds publics et manquements aux principes de probité. Controversée depuis l’annonce de cette sanction, Christine Herzog n’a pas encore réagi aux demandes de commentaires formulées par les médias. De son côté, le groupe Union centriste a exprimé son soutien tout en prenant acte de la décision du Bureau, précisant n’avoir que des informations fragmentaires sur cette affaire.