Marine Le Pen a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, malgré sa récente condamnation pour détournement de fonds publics dans le cadre du procès en appel des assistants parlementaires européens du Rassemblement national (RN). La cheffe de file du RN a affirmé mardi soir sur le plateau de TF1 qu’il n’existait plus de scénario l’empêchant de se présenter : « Il n’y a plus de scénario où je ne pourrais pas me présenter », rapporte TopTribune.
La cour d’appel de Paris a condamné Marine Le Pen à trois ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique. Cependant, elle a exprimé son intention de se pourvoir en cassation, ce qui lui permettrait d’éviter le port d’un bracelet électronique pour l’instant. Elle a clairement indiqué qu’elle ne mènerait pas campagne si elle était sous contrainte judiciaire. Actuellement, tant que la décision de la Cour de cassation n’est pas rendue, la candidate RN reste « présumée innocente » et peut continuer ses activités sans restrictions.
Incertitudes judiciaires
Les membres du RN espèrent que la Cour de cassation prendra son temps pour rendre une décision, permettant à Marine Le Pen de mener sa campagne sans entraves. Gilles Pennelle, eurodéputé RN, a déclaré ce matin que : « La question de l’inéligibilité de Marine Le Pen ne se pose plus, il n’y a donc plus de calendrier contraint. » Toutefois, quelques heures plus tard, la Cour de cassation a annoncé qu’elle « pourrait » se prononcer sur le pourvoi de Marine Le Pen « au plus tard début avril 2027 ».
Si la Cour rejette son pourvoi, la question demeure de savoir si Marine Le Pen finira sa campagne avec un bracelet électronique. Étant donné les délais d’exécution des peines, la mise en place de mesures restrictions pourrait prendre plusieurs semaines, avec le premier tour de l’élection présidentielle prévu le 18 avril 2027. Ces incertitudes pourraient fragiliser sa campagne, alors même que son avocat a reconnu que cette stratégie serait un « pari », soulignant le caractère aléatoire de la situation judiciaire.
Une campagne à la Fillon ?
En maintenant sa candidature, Marine Le Pen offre une cible à ses adversaires. Gabriel Attal a déjà déclaré qu’elle « prend en otage » la campagne avec une « guérilla judiciaire ». Raphaël Glucksmann a qualifié la situation de « déchéance politique dont on n’a pas pris la mesure », comparant la leader du RN au président américain Donald Trump. Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, a critiqué les « contradictions » de Marine Le Pen, qui a souvent dénoncé le « laxisme » présumé de la justice. Le fait qu’elle cherche à obtenir des « peines d’inéligibilité à vie pour les élus condamnés pour détournement de fonds publics » pourrait également entacher sa campagne.
Malgré les attaques prévues, Gilles Pennelle reste confiant : « Bien évidemment que nos adversaires vont nous attaquer, mais nous considérons toujours que nous sommes innocents. Et Marine Le Pen a montré qu’elle avait le cuir épais. » Mercredi, elle était sur le marché de La Flèche, dans la Sarthe, en compagnie de Jordan Bardella, mais ce qui devait être un lancement symbolique de campagne a été perturbé par des manifestations. Plusieurs dizaines de protestataires, dont certains membres de La France insoumise, ont accueilli la candidate sous des sifflets, la contraignant à écourter sa visite. Marine Le Pen a appelé à un environnement de campagne serein, déclarant : « J’espère que le ministère de l’Intérieur mettra en place les conditions qui permettront à tous les candidats de pouvoir faire campagne normalement, sans violences. »