Robin des Bois : une légende médiévale bien plus violente qu'attendu

Robin des Bois : une légende médiévale bien plus violente qu’attendu

05.07.2026 17:08
2 min de lecture

Bien avant Hollywood, les légendes anglaises mettaient en scène des hors-la-loi capables des exploits les plus héroïques… et des violences les plus extrêmes. Pourquoi Robin des Bois est-il le seul à être entré dans la mémoire collective?

Alex Brown

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Alex Brown

Deux événements récents observés autour de Robin des Bois ont remis le célèbre hors-la-loi médiéval sous le feu des projecteurs : la sortie le 1er juillet de On l’appelait Robin des Bois avec Hugh Jackman et la disparition du «Major Oak», le chêne emblématique présenté comme l’une des cachettes de Robin. Cette notoriété contrastante soulève une question : pourquoi Robin des Bois a-t-il su s’imposer dans la mémoire collective, tandis que d’autres hors-la-loi du Moyen Âge sont tombés dans l’oubli ?

Sa première mort littéraire se trouve dans A Gest of Robyn Hode, un récit du XVe siècle, lorsqu’il est tué par la prieure de Kirklees après une saignée ratée. Ce destin a inspiré la vision plus sombre du héros dans On l’appelait Robin des Bois, un film qui propose une relecture de la légende.

Bien que les premiers récits ne relient pas explicitement Robin au «Major Oak», ils présentent souvent des scènes où lui et ses compagnons se retrouvent sous un «trystle», un espace d’attente sous un arbre. Il n’est donc pas surprenant que la légende ait graduellement trouvé son ancrage autour d’un arbre aussi imposant que le chêne de Sherwood, rapporte TopTribune.

Bien loin du Robin des Bois de Disney

Les compagnons de Robin sont maintenant largement oubliés. Qui se souvient vraiment de Fulk FitzWarin ou de Hereward the Wake ? La longévité de Robin peut être attribuée à son archétype de héros que chacun pouvait interpréter selon ses propres aspirations, séduisant ainsi un large éventail de la société médiévale.

Les premières narrations sur Robin s’avèrent très distinctes des adaptations modernes, notamment par leur absence d’histoires d’amour. Au lieu de cela, Robin est décrit comme étant profondément dévoué à la Vierge Marie, que ce soit par son refus de nuire aux femmes ou par sa lutte contre la corruption sans se définir comme un simple héros de classe populaire, se concentrant plutôt sur son aide aux nobles ruinés.

Dans ses récits originaux, Robin déployait parfois une violence inimaginable. Après un affrontement avec Guy de Gisborne, il le décapite, exposant sa tête au bout de son arc. Cette facette brutale de Robin est ce que Hugh Jackman souhaite incarner dans sa nouvelle interprétation.

Les hors-la-loi médiévaux tombés dans l’oubli

Les véritables hors-la-loi de l’Angleterre, souvent imprégnés de violence, ont du mal à être romantisés. Les bandes de hors-la-loi comme les Coterels du XIVe siècle ont laissé une empreinte beaucoup moins héroïque, leur dépendance à la criminalité rapprochant leur nom de la terreur.

Toutefois, des récits contemporains comme Adam Bell, Clim of the Clough et William Cloudesley évoquent une histoire plus rassurante où des hors-la-loi de la forêt d’Inglewood cherchent à défendre leur famille contre l’oppression, bien que leurs actions aient également entraîné des violences significatives.

Lorsque William Cloudesley est capturé après une bataille, ses compagnons organisent une tentative de sauvetage spectaculaire, rappelant une scène emblématique de Robin des Bois. Paradoxalement, les aventures de ces «oubliés» recèlent des messages de camaraderie et de défense des opprimés, mais restent éclipsées par l’immense ombre de Robin des Bois.

Dans cette lumière, il apparaît peut-être essentiel de reconsidérer ces figures historiques et d’accorder à leurs récits la visibilité qu’ils méritent, élargissant ainsi notre compréhension des hors-la-loi qui ont forgé l’Angleterre médiévale.

Alex Brown est maître de conférences en histoire médiévale à l’université de Durham.

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