Volvic sanctionnée pour des allégations de « neutralité carbone » et de « 100 % recyclé » sur ses bouteilles d'eau, considérées comme du greenwashing.

Volvic sanctionnée pour des allégations de « neutralité carbone » et de « 100 % recyclé » sur ses bouteilles d’eau, considérées comme du greenwashing.

30.06.2026 07:46
2 min de lecture

Le tribunal judiciaire de Paris a pris une décision importante concernant les allégations environnementales sur les bouteilles d’eau Volvic. Selon François Carlier, délégué général de l’association CLCV, ce jugement est considéré comme « historique », touchant à la transparence écologique des produits de consommation courante, rapporte TopTribune.

Le tribunal a estimé que les expressions « neutre en carbone » et « 100 % recyclables » présentes sur les bouteilles de Volvic relèvent du greenwashing, qualifiées de « pratiques commerciales trompeuses ». Ces affirmations induisent en erreur un public de plus en plus sensibilisé aux conséquences environnementales de ses choix d’achat.

Réactions des parties concernées

L’association de protection des consommateurs CLCV, à l’origine de la plainte, a exprimé sa satisfaction face à la décision. François Carlier a affirmé qu’il s’agit de la première fois que des termes tels que « neutre en carbone » et « 100 % recyclable » sont examinés au sujet d’un bien de consommation courant. Ce jugement constitue un repère essentiel pour la défense des droits des consommateurs.

Pour sa part, Danone, la société mère de Volvic, conteste fermement cette décision et a d’ores et déjà annoncé son intention de faire appel. L’entreprise rejette les arguments et conclusions du tribunal, précisant une réduction de son empreinte carbone de « 17,9 % » sur la période de 2019 à 2025, tout en affirmant avoir respecté la réglementation en vigueur à cette époque.

Ordonnances du tribunal

Le tribunal a ordonné à la Société des eaux de Volvic de publier le jugement sur la page d’accueil de son site Internet pendant une durée de six mois. En outre, l’entreprise devra verser 75 000 € de dommages et intérêts à l’association CLCV.

Le tribunal a souligné que les émissions liées à la production des bouteilles n’ont pas été compensées de manière suffisante. Il a aussi constaté que certaines étiquettes, y compris certains éléments comme la colle et l’encre, ne sont pas entièrement recyclables, ce qui contredit l’affirmation de « 100 % recyclables ».

Révision nécessaire des pratiques écologiques

Ce jugement souligne que les affirmations environnementales utilisées à des fins marketing doivent être précises et soulève la question de l’éthique publicitaire. Les entreprises s’exposent à des risques juridiques lorsqu’elles cherchent à embellir leur image sans preuves tangibles.

Suite à la fin de sa certification par le Carbon Trust en septembre 2023, Danone a déclaré qu’elle allait revoir son approche. Le groupe vise une réduction de 35 % de ses émissions mondiales de carbone d’ici 2030, espérant ainsi regagner la confiance des consommateurs et des régulateurs.

Le message délivré par le tribunal est sans équivoque : les revendications écologiques doivent reposer sur des actions concrètes et vérifiables. Les entreprises doivent adopter des pratiques marketing transparentes, condition sine qua non pour établir et maintenir la confiance des consommateurs envers les labels écologiques.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER