Lyon : l'avenir politique de Jean-Michel Aulas menacé par des accusations de viol

Lyon : l’avenir politique de Jean-Michel Aulas menacé par des accusations de viol

17.06.2026 19:06
2 min de lecture

Accusation de viol : Jean-Michel Aulas en retrait après des révélations explosives

Un « tremblement de terre » secoue la scène politique lyonnaise. La semaine dernière, plusieurs médias ont rapporté qu’une militante de Cœur lyonnais avait déposé une plainte mi-mai pour viol par soumission chimique contre Roman Abreu, ancien directeur de la communication de Jean-Michel Aulas. La victime a informé Aulas ainsi que Laure Cédat et Emmanuel Imberton, nouvellement élus à la métropole de Lyon. Selon l’AFP, qui cite l’avocate de la plaignante, l’accusé conteste « toute accusation », rapporte TopTribune.

Suite à ces révélations, Jean-Michel Aulas s’est mis en retrait de son poste de principal opposant à la ville de Lyon. Véronique Sarselli, présidente de la métropole, a temporairement retiré les délégations du premier vice-président ainsi que des deux autres membres du groupe « Grand Cœur lyonnais ». Elle exprime sa déception de ne pas avoir été « informée » de l’affaire au moment opportun et reproche à ces élus de ne pas avoir signalé les faits à la justice tout en maintenant le conseiller en poste « jusqu’à la fin de la campagne » des municipales. Dans un entretien au Progrès, elle précise avoir agi « en parfait accord » avec ces élus.

« La politique, ce n’est pas comme le foot »

Jean-Michel Aulas a confirmé avoir été mis au courant par la victime et lui avoir demandé quelles suites elle souhaitait donner à l’affaire. « Elle ne voulait plus le croiser, elle n’a pas voulu porter plainte, j’étais décidé à lui apporter tout mon soutien dans le choix qui était le sien », a-t-il déclaré. Après avoir questionné son directeur de communication, qui aurait affirmé avoir eu une relation « consentie » avec la jeune femme, Aulas dit l’avoir écarté des locaux de campagne, sans toutefois mettre fin à ses fonctions.

Pour Romain Meltz, professeur à l’université de Lyon-2 et chercheur, cette affaire représente une « réplique d’un tremblement de terre ». « Le séisme, c’est la défaite aux municipales pour Aulas, avec cet échec d’être arrivé 2e. Et depuis, tout s’est désagrégé », analyse le politologue.

Une question de « discernement »

En niant sa défaite, le candidat a déjà « abîmé sa stature politique », remarque Meltz. « Il a renforcé le fait que la mauvaise foi du foot continuait d’être son mantra. Mais il n’avait pas compris que la politique, ce n’est pas comme le foot. Dans la culture politique, il doit reconnaître sa défaite », poursuit-il. Ce « capital de notoriété » s’est affaibli ces derniers mois, avec la remise de l’écharpe à Grégory Doucet et des moments de « malaise » lors des conseils municipaux. Meltz conclut en affirmant que cette séquence révèle « l’absence totale de discernement » d’Aulas, notamment sur le maintien de son directeur de communication, écarté des locaux mais pas de ses fonctions.

Répercussions au sein de Cœur lyonnais

Face à cette situation, plusieurs élus ont annoncé quitter le groupe Cœur lyonnais, qui avait rassemblé « la droite et le centre » lors des dernières élections. Deux groupes d’opposition ont alors été créés à la mairie : Lyon Ensemble, réunissant 62 élus dont les trois maires d’opposition de Lyon, Pierre Oliver (LR), Thomas Rudigoz (Renaissance), et Samuel Soulier (Horizons), ainsi que Lyon, Humaniste & Démocrate (LyHD) par François-Xavier Pénicaud (Modem) et d’autres membres. Le nombre de conseillers restants dans le parti de Jean-Michel Aulas est désormais réduit à dix.

Cette affaire marque-t-elle la fin du parti Cœur lyonnais ? Selon Romain Meltz, « il n’y avait rien de possible pour le Cœur lyonnais », soulignant que même pour les sénatoriales, il n’y avait pas de place pour le parti. Le politologue prédit que l’affaire de viol « n’est qu’un accélérateur » de l’inéluctable éclatement de cette configuration créée autour de Jean-Michel Aulas. « Il n’a aucun talent et aucune ressource pour ce domaine. Donc oui, Aulas, c’est fini, mais ça n’a jamais vraiment commencé », conclut-il.

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