Réunion urgente de Lecornu pour des mesures sur la protection des enfants après l'affaire Lyhanna

Réunion urgente de Lecornu pour des mesures sur la protection des enfants après l’affaire Lyhanna

09.06.2026 07:46
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La colère de milliers de manifestants, lundi soir, contre le rôle des autorités dans l’affaire Lyhanna, a été entendue jusqu’en haut de l’Etat. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué ce mardi matin une série de ministres pour examiner de nouvelles mesures visant à protéger les enfants et à lutter contre les violences sexuelles. À 11h30, il reçoit à Matignon les membres de son gouvernement concernés par le sujet, notamment ceux de l’Intérieur, de la Justice, de la Santé, de l’Éducation nationale et de l’Égalité, rapporte TopTribune.

Le principal suspect, Jérôme B., avait déjà été signalé à plusieurs reprises pour des agressions sexuelles sur mineures. Bien que certaines plaintes aient été classées sans suite, l’une d’elles, déposée en août 2025, n’a pas été suivie d’une enquête adéquate, et le suspect n’a ni été entendu ni placé en garde à vue. Parmi les sujets abordés lors de la réunion à Matignon, on trouve « l’aggravation des peines en cas de viols sériels, la modification des règles de prescription, l’information des victimes tout au long de la procédure, ou encore la nécessité de motiver les décisions de classement sans suite concernant les crimes et délits sexuels », selon une lettre du Premier ministre.

Projet de loi sur la protection de l’enfance

Ce conseil restreint est chargé de déterminer quelles mesures devront être intégrées dans un projet de loi sur la protection de l’enfance, déjà présenté en Conseil des ministres il y a dix jours et que le gouvernement souhaite soumettre au Parlement en juillet. « Il y a un ensemble de réponses à apporter, et les questions législatives se posent », a affirmé lundi soir Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement. Bien qu’elle ait reconnu que « tout ne se règle pas avec des projets de loi », elle a exprimé sa solidarité face à la « tristesse et la colère des Français » qui s’expriment « depuis plusieurs jours maintenant ».

Des rassemblements se sont tenus lundi devant des dizaines de tribunaux à travers la France. Selon la préfecture de police, à Paris, 1.700 personnes se sont rassemblées près du palais de justice de l’île de la Cité, tandis que 1.200 manifestants se sont regroupés place Vendôme, devant la Chancellerie. De nombreuses associations féministes et de protection des enfants, telles que NousToutes, la Fondation des femmes, Face à l’inceste, et le Collectif Féministe contre le viol, ont lancé un appel à se rassembler devant les tribunaux de plus de 160 villes françaises.

« Il nous a manqué de prioriser des viols sur les mineurs »

À Agen (Lot-et-Garonne), où le parquet est chargé de l’enquête sur Lyhanna, plus d’un millier de personnes, dont des enfants, se sont rassemblées devant le palais de justice, augmentant ainsi la pression sur le gouvernement. Des sénateurs doivent auditionner mardi matin le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez et le garde des Sceaux Gérald Darmanin, qui a exclu toute démission. « Il ne nous a manqué ni de moyens, ni de lois, il nous a manqué de prioriser des viols sur les mineurs », a déclaré le ministre lors d’une conférence de presse. Il a demandé à ces hauts magistrats de « reprendre l’intégralité des plaintes concernant les enfants », soit environ 70.000 d’ici le 14 juillet.

Des crédits liés à ces violences « préservés »

Le décès de Lyhanna a également eu des répercussions sur la campagne présidentielle, alors que les candidats potentiels se divisent sur les solutions à apporter, notamment sur les moyens alloués à la justice. Sébastien Lecornu a assuré que les crédits affectés à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles « seront préservés » dans le budget 2027. Des députés, soutenus par la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, ont également appelé à l’examen rapide d’un texte de loi transpartisan visant à « lutter de manière intégrale contre les violences sexistes et sexuelles ». En rejoignant l’avis de Yaël Braun-Pivet, Sébastien Lecornu a annoncé que ce texte serait soumis « dans les prochains jours » au Conseil d’Etat pour avis, bien que les dispositions qu’il contient « n’auraient probablement pas pu éviter le drame de la petite Lyhanna », a précisé Matignon.

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