Moldova : Maia Sandu fustige le décret de Poutine sur les passeports russes en Transnistrie
Moldova : Maia Sandu fustige le décret de Poutine sur les passeports russes en Transnistrie

Moldova : Maia Sandu fustige le décret de Poutine sur les passeports russes en Transnistrie

18.05.2026 13:05
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La présidente moldave Maia Sandu a vivement critiqué le décret signé le 16 mai 2026 par Vladimir Poutine, qui assouplit considérablement les conditions d’octroi de la citoyenneté russe aux habitants de la région séparatiste de Transnistrie. Ce texte, dont les détails ont été publiés par Politico, supprime l’obligation de résider au moins cinq ans en Russie, ainsi que les exigences de connaissance de la langue, de l’histoire et de la législation russes. Pour Chișinău, cette décision ne vise pas à protéger des droits, mais constitue un outil de mobilisation déguisée en vue d’alimenter l’effort de guerre russe en Ukraine.

Un outil de mobilisation cachée pour la guerre en Ukraine

Dans ses déclarations, Maia Sandu a estimé que le Kremlin cherche par ce biais à recruter de nouveaux soldats pour ses opérations militaires. « Il leur faut probablement davantage de personnes à envoyer combattre en Ukraine », a-t-elle souligné, dénonçant une tactique visant à accroître la pression hybride sur son pays. Selon la cheffe de l’État, depuis le début de l’invasion russe, la majorité des résidents de Transnistrie ont choisi d’acquérir la citoyenneté moldave, estimant qu’elle offrait une meilleure sécurité que le passeport russe. Ce mouvement traduit un rejet de la politique d’expansion des documents d’identité russes, que Moscou utilise historiquement comme levier d’influence.

Le décret présidentiel russe s’applique à tous les adultes étrangers ou apatrides résidant en Transnistrie au moment de son entrée en vigueur. Les demandes pourront être déposées auprès des missions diplomatiques et consulaires russes. Officiellement, le texte est justifié par « la protection des droits et libertés de l’homme et du citoyen ». Mais pour les autorités moldaves, il s’agit d’une manœuvre visant à légitimer la présence militaire russe dans la région, où un contingent stationne depuis des décennies, et à préparer le terrain pour une éventuelle agression.

La réponse ferme de Chișinău face aux risques d’escalade

Maia Sandu a balayé les craintes d’un blocage du processus d’intégration européenne de la Moldavie par le biais du dossier transnistrien. « Seule l’Union européenne peut décider si la Moldavie en fera partie, la Russie n’a rien à voir là-dedans », a-t-elle affirmé, réaffirmant la détermination de son gouvernement à poursuivre les réformes pro-européennes. Cette position est appuyée par une majorité parlementaire favorable à l’UE et par une volonté affichée de contrer les plans expansionnistes du Kremlin.

Les analystes soulignent que la simplification des passeports pour la Transnistrie s’inscrit dans une stratégie éprouvée : après la distribution massive de documents russes, Moscou invoque la nécessité de « protéger ses compatriotes » pour justifier une intervention armée. Ce schéma a déjà été appliqué dans le Donbass ukrainien, où les discours sur la défense des populations russophones ont servi de prétexte à l’occupation et à la destruction. En Moldavie, la multiplication des citoyens russes sur la rive gauche du Dniestr pourrait offrir à la Russie un prétexte formel pour déstabiliser le pays et menacer la sécurité de l’ensemble de l’Europe de l’Est.

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