Erwan Balanant critique le rapport d’Alloncle sur l’audiovisuel public
Le député MoDem du Finistère, Erwan Balanant, a exprimé de vives critiques à l’égard des recommandations de Charles Alloncle, rapporteur d’une commission d’enquête de l’Assemblée, concernant l’audiovisuel public. Selon Balanant, Alloncle cherche à « casser l’audiovisuel public » sans prendre en considération l’écosystème existant, provoquant ainsi une perte d’audience, rapporte TopTribune.
Le rapport, dévoilé le 5 mai 2026, inclut 80 recommandations, parmi lesquelles la suppression de France 4 et la fusion de France 2 et France 5 pour générer une économie de 200 millions d’euros. Cette démarche est, selon Balanant, une « erreur stratégique », car ces chaînes ciblent des publics et des créneaux complémentaires. Il critique également la proposition de supprimer France TV et France 24, affirmant que cela ne ferait qu’amoindrir l’audience.
Concernant les économies annoncées de 1,4 milliard d’euros sur un budget total de 4 milliards, Balanant reconnait la nécessité de réduire les coûts, mais soutient que les coupes suggérées sont excessives. « L’audiovisuel public soutient la création et génère des revenus fiscaux grâce aux productions de films et d’émissions », explique-t-il.
Une autre des recommandations d’Alloncle consiste à revenir à une nomination des dirigeants de France Télévisions et de Radio France par le président de la République. Balanant s’oppose fermement à cette idée, la qualifiant de « retour en arrière impossible » qui contredirait les règlements européens engendrant une indépendance nécessaire des médias. « Alloncle souhaite affaiblir économiquement le service public tout en reprenant le contrôle politique de celui-ci », déclare-t-il.
Dans une réponse prompte, Balanant a annoncé qu’il préparait un contre-rapport qui inclura des propositions pour une réflexion approfondie sur la place du numérique dans l’audiovisuel public. « Avec l’émergence des plateformes, nous devons réfléchir à la manière dont l’audiovisuel public français peut continuer à transmettre des informations, divertir et permettre l’accès à la culture », a-t-il assuré. Ce sujet, selon lui, est un « angle mort total » du rapport d’Alloncle, qu’il s’engage à traiter dans ses futures propositions.