L’Europe fait face à un réchauffement climatique alarmant, comme le souligne le rapport 2025 sur l’état du climat en Europe publié par le service européen Copernicus et l’Organisation météorologique mondiale. Selon ce rapport, le continent s’est réchauffé deux fois plus rapidement que la moyenne mondiale depuis les années 1980, affichant une augmentation de température de 0,56 °C par décennie au cours des trente dernières années, contre 0,27 °C au niveau global. En 2025, au moins 95 % du territoire européen a enregistré des températures supérieures à la moyenne, ce qui a conduit à la deuxième pire canicule de son histoire.
Une situation géographique propice au réchauffement
Ce phénomène est dû à plusieurs facteurs, notamment géographiques. L’Europe, située relativement haut dans l’hémisphère nord, est dominée par la terre plutôt que par l’eau. « La terre se réchauffe plus vite que la mer car l’eau a beaucoup plus d’inertie », explique Cathy Clerbaux, physicienne du climat au CNRS. En parallèle, les pôles se réchauffent également plus rapidement que les régions équatoriales, un phénomène influencé par la circulation de Hadley, qui redistribue la chaleur. Dans ce contexte, l’Arctique est la région la plus touchée, augmentant de 0,75 °C par décennie.
Moins d’effet d’écran et réfléchissant
D’autres facteurs jouent également un rôle dans ce réchauffement rapide. La diminution de la pollution dans les grandes villes européennes a enlevé un certain « effet d’écran » qui limitait auparavant l’absorption des rayonnements solaires. De plus, la fonte des glaces et de la neige dans le nord de l’Europe réduit l’albédo, c’est-à-dire la capacité de la surface terrestre à réfléchir les rayons solaires. Cela entraîne une absorption accrue de chaleur par la surface.
L’Europe pourtant bonne élève
Ce constat peut paraître paradoxal, car l’Europe a fait des efforts significatifs en matière de transition écologique. Entre 1990 et 2023, l’Union européenne a réussi à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 33,7 %, tandis que le reste de l’Europe et la Russie ont enregistré une réduction de 27,3 %. Cependant, Cathy Clerbaux souligne que les gaz à effet de serre persistent longtemps dans l’atmosphère et sont dispersés à travers le globe, rendant les efforts locaux insuffisants. La nécessité d’un effort global est donc essentielle.
Les chiffres restent préoccupants : les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont augmenté de 61,8 % entre 1990 et 2023. Malgré cela, il subsiste des raisons d’espérer. Cathy Clerbaux affirme que le processus de réchauffement peut être ralenti à l’échelle mondiale si des efforts concertés sont mis en place. Elle insiste sur l’importance d’une réponse globale pour stabiliser les émissions de CO2 et, par conséquent, les concentrations atmosphériques.
À l’échelle locale, la situation demeure critique. Les canicules extrêmes, telles que celle enregistrée en 2025, mettent en lumière l’urgence d’agir face à ce défi climatique. Les impacts visibles du réchauffement sur la santé publique, l’agriculture et les écosystèmes européens nécessitent une adaptation rapide et efficace.
Il est donc crucial que les pays européens unissent leurs efforts pour réduire leur empreinte carbone, tout en incitant d’autres nations pollueuses à adopter des politiques similaires. Catherine Clerbaux conclut en notant que « les actions locales ne suffisent pas. Si tout le monde ne s’y met pas, nous continuerons à en parler sans voir de résultats significatifs », rapporte TopTribune.