François Hollande se prépare pour la présidentielle de 2027 avec un retour en ligne de mire

François Hollande se prépare pour la présidentielle de 2027 avec un retour en ligne de mire

25.04.2026 09:56
3 min de lecture

À un an de l’élection présidentielle de 2027, François Hollande intensifie ses efforts pour un retour politique. L’ancien président français prépare minutieusement son projet, cherchant à faire évoluer l’opinion vers l’idée de son retour. « Comment être utile aujourd’hui ? En me préparant », a déclaré Hollande dans un entretien récent, rapporte TopTribune.

Sa « stratégie des petits cailloux »

Dédié à une « gauche réformiste », Hollande, qui n’a pas pu se représenter en 2017 en raison d’une impopularité croissante, suit cette fameuse « stratégie des petits cailloux », comme l’a souligné l’ancien premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis. Ce dernier constate que l’idée du « pourquoi pas Hollande » fait son chemin dans l’opinion publique.

Devenu député de Corrèze en 2022 sous l’étiquette du Nouveau Front populaire, François Hollande, âgé de 71 ans, fait face à une concurrence accrue dans le domaine social-démocrate, notamment avec des figures comme Raphaël Glucksmann et Bernard Cazeneuve. « Hollande laisse le marigot se remplir. Il jaugent les forces en présence », observe un parlementaire proche de l’ancien président.

Une « compétition amicale » s’annonce entre ces prétendants, par le biais de débats et discussions. « À la fin, il faudra déterminer qui peut dominer Jean-Luc Mélenchon au premier tour et être en capacité de lui faire face au second », résume Jean-Christophe Cambadélis.

Ses « grands axes de préprogramme » fin août

François Hollande se rend ce samedi à Liffré (Ille-et-Vilaine) pour une rencontre dédiée à la social-démocratie, où il croisera des figures comme Glucksmann, Boris Vallaud et Yannick Jadot. Cet événement constitue une « première étape » vers d’autres échanges, d’après des sources proches. Hollande, Cazeneuve et Glucksmann sont conscients qu’il n’y a qu’une place à prendre.

Il met en avant sa différence : avoir « déjà été président » sans chercher à se représenter. « Je n’entretiens pas de relation passionnelle avec le pouvoir, mais avec la France », insiste-t-il. Conscient qu’il doit séduire l’électorat de gauche et du centre dès le premier tour, l’ancien chef de l’État s’engage dans une réflexion programmatique intensive, visant à formuler une dizaine de « grands axes de préprogramme » d’ici fin août.

Son image de « stabilité »

« Il nous a dit de ne pas se freiner, il veut des idées nouvelles et pas du ‘François Hollande 2012’ », a confié un proche à l’AFP, en référence à l’élu municipal de Bourg-lès-Valence, Wilfrid Pailhès. Hollande envisage de se concentrer sur des sujets clés tels que « l’école, l’université, et plus largement le savoir et la recherche ».

Pour montrer sa préparation, une association de financement de sa campagne, nommée « Démocratie 2030 », a été créée par des personnalités du milieu économique. Un livre est également en préparation pour l’automne.

Contrairement à l’idée d’une primaire soutenue par le dirigeant du PS Olivier Faure, Hollande plaide pour une désignation d’un candidat d’ici la fin de l’année, lorsque les sondages commenceront à se cristalliser. Au contraire, Boris Vallaud penche pour une désignation rapide.

Le politologue Rémi Lefebvre estime que les chances de Hollande sont « relativement faibles », malgré le fait qu’il ait déjà connu un parcours similaire avant son premier mandat, où il était à 3 % avant d’être élu président. L’ancien président est convaincu que, dans le « chaos » de la gauche non-mélenchoniste, « l’expérience sera la principale légitimité », analyse Lefebvre.

« Ce n’est pas lui l’évidence… Glucksmann non plus »

Dans le contexte actuel de crise mondiale, une candidature d’un ancien président est perçue comme un gage de stabilité, souligne Wilfrid Pailhès.

Cependant, le bilan de François Hollande reste un obstacle majeur, particulièrement mal perçu par une partie de la gauche, qui lui reproche la loi Travail, la déchéance de nationalité et une trahison envers ses engagements présidentiels. « Je ne pense pas que le PS puisse jouer la carte Hollande, ce serait vu comme un aveu d’échec », juge Rémi Lefebvre, qui estime que la campagne se jouera sur la « nouveauté », donnant un avantage à Raphaël Glucksmann.

« Ce n’est pas lui l’évidence pour l’instant, note le parlementaire. Mais Raphaël Glucksmann non plus, qui « n’a pas fait prospérer les 13 % obtenus aux européennes ».

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