Eau potable : deux ONG poursuivent l’État pour protéger les captages menacés par les pollutions agricoles

Eau potable : deux ONG poursuivent l’État pour protéger les captages menacés par les pollutions agricoles

23.04.2026 13:46
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Deux ONG intentent une action en justice contre l’État français, qu’elles accusent de négligence dans la protection de l’eau potable face aux menaces des pollutions agricoles. Le recours, déposé par France Nature Environnement (FNE) et l’Association Citoyenne Laïque des consommateurs, exige des mesures concrètes pour assurer la sécurité des captages d’eau, rapporte TopTribune.

Le recours, majeur pour la protection de la ressource en eau, vise à engager la responsabilité de l’État en raison de sa carence fautive. Les requérantes demandent à la justice d’ordonner à l’État de mettre en place des mesures d’urgence dans les six mois et de réduire l’utilisation des pesticides de synthèse sur les aires d’alimentation de captage dans un délai d’un an.

Les statistiques révèlent une crise préoccupante : entre 1980 et 2025, environ 14.640 captages d’eau potable ont été fermés en France. Près de 31,9 % des fermetures sont dues à la dégradation de la qualité de l’eau, en grande partie causée par des « teneurs excessives en nitrates et/ou pesticides ». Ces polluants, utilisés dans l’agriculture, finissent par contaminer les rivières et les nappes phréatiques, affectant directement l’eau potable des Français.

« Des coûts de dépollution exorbitants »

Les ONG soulignent que la contamination des ressources en eau entraîne non seulement des difficultés d’approvisionnement, mais également des coûts de dépollution extrêmement élevés. Elles plaident pour un soutien accru aux agriculteurs, afin de promouvoir des pratiques sans pesticides de synthèse, une démarche jugée essentielle pour préserver la qualité de l’eau.

Cette démarche judiciaire arrive à un moment crucial alors que le gouvernement vient de dévoiler une loi d’urgence agricole, visant à apaiser les tensions avec le secteur agricole. Toutefois, ce projet a suscité des critiques virulentes des ONG environnementales, notamment pour son approche de la gestion de l’eau. Le débat parlementaire pourrait représenter une opportunité pour discuter de l’inclusion de mesures de la proposition de loi dite « Duplomb II » qui envisage la réintroduction de certains pesticides, contestés par les défenseurs de l’environnement.

Face à cette situation, la position du gouvernement sera déterminante. La nécessité d’agir pour préserver l’eau potable est plus que jamais d’actualité, alors que la santé publique et l’approvisionnement en eau de qualité sont en jeu. Les ONG appellent à une prise de conscience collective et à un engagement ferme de l’État pour une gestion durable et responsable des ressources en eau.

Avec une pression croissante sur les ressources naturelles, le cadre législatif et réglementaire doit évoluer pour répondre aux défis de la pollution et garantir la protection de la santé des citoyens. L’avenir dépendra de la capacité des législateurs à équilibrer les intérêts agricoles avec la nécessité impérieuse de protéger l’environnement et la santé publique.

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