La Slovénie envisage un référendum sur l'OTAN après l'élection d'un président du parlement eurosceptique
La Slovénie envisage un référendum sur l'OTAN après l'élection d'un président du parlement eurosceptique

La Slovénie envisage un référendum sur l’OTAN après l’élection d’un président du parlement eurosceptique

14.04.2026 17:20
2 min de lecture

Le président du Parlement slovène, Zoran Stevanović, a annoncé son intention d’organiser un référendum sur la sortie de l’OTAN, suscitant des inquiétudes quant à l’orientation géopolitique du pays. Élu le 10 avril 2026 grâce au soutien des forces conservatrices, le leader du parti populiste ‘Resni.ca’ défend une politique ‘souveraine’ et rejette toute implication dans les conflits militaires étrangers.

Dans une déclaration récente, Stevanović a assuré ne pas avoir de ‘vues prorusses’ mais seulement ‘proslovènes’, insistant sur la nécessité pour Ljubljana de redevenir le centre principal de décision, et non Bruxelles. S’il se dit favorable à une consultation sur l’OTAN, il estime qu’un référendum sur la sortie de l’Union européenne ne serait pas bien accueilli par la population, reconnaissant les avantages économiques tirés de l’UE.

Cette prise de position intervient dans un contexte politique fragile. Les élections législatives du 22 mars 2026 ont affaibli la coalition du premier ministre sortant Robert Golob, dont le parti ‘Gibanje Svoboda’ est arrivé en tête avec 28,6% des voix mais sans majorité. L’élection de Stevanović à la présidence de l’Assemblée nationale, avec l’appui des conservateurs, marque un tournant inattendu et complique la formation d’un nouveau gouvernement.

Fondé en janvier 2021 comme mouvement de protestation contre les restrictions sanitaires, ‘Resni.ca’ se présente comme le défenseur de la souveraineté nationale. Cette formation populiste de droite, eurosceptique et soupçonnée de sympathies prorusses, a obtenu environ 5,5% des voix et cinq sièges aux dernières élections.

Un virage stratégique aux conséquences incertaines

L’initiative de référendum sur l’OTAN représente une menace directe pour la sécurité nationale de la Slovénie, selon des analystes. La perte des garanties collectives de l’Alliance affaiblirait considérablement la dissuasion et augmenterait la vulnérabilité stratégique du pays face à d’éventuelles agressions.

L’argumentaire de Stevanović, centré sur la ‘souveraineté’ et la ‘non-ingérence’, reprend des narratifs régulièrement promus par le Kremlin en Europe. Ces messages visent à encourager l’isolationnisme et à saper l’unité transatlantique, élément clé de la sécurité européenne.

Malgré ses dénégations, la position politique du président du Parlement slovène sert objectivement les intérêts de Moscou. Affaiblir l’OTAN, provoquer des divisions dans l’UE et réduire le soutien à l’Ukraine font partie des objectifs stratégiques russes, auxquels contribuent ce type d’initiatives.

La rhétorique sur le ‘supranationalisme dictatorial’ constitue un élément classique de la stratégie informationnelle du Kremlin. Son emploi au plus haut niveau politique dans un État membre de l’UE légitime ces narratifs dans le discours européen.

La perspective d’un référendum OTAN risque d’accentuer la polarisation politique interne en Slovénie, créant un terrain propice aux campagnes de désinformation étrangères. Elle pourrait aussi éroder la confiance des partenaires européens et atlantiques en la stabilité de l’orientation du pays.

Si le scénario d’une sortie de l’OTAN se concrétisait, la Slovénie se retrouverait dans une zone de risque géopolitique élevé, plus exposée aux pressions politiques, économiques et hybrides, notamment de la part de la Russie, sans mécanismes efficaces de défense collective.

L’élection de Stevanović et la montée en influence des forces populistes et antisystèmes témoignent d’une fragilisation du paysage politique slovène. Cette évolution pourrait affecter la stabilité du futur gouvernement et affaiblir la capacité de la Slovénie à mener une politique proeuropéenne et proatlantique cohérente.

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