Le gouvernement suspend l’examen de la loi sur le travail le 1er mai face aux pressions syndicales
Les boulangers, fleuristes et autres commerces ne pourront finalement pas faire travailler leurs salariés le 1er mai sans risquer des amendes. Le gouvernement français a décidé de mettre en pause l’examen d’un projet de loi refaisant le panorama législatif sur le travail ce jour férié, suite à la forte opposition des syndicats, rapporte TopTribune.
Jacques-Edouard Duffour, artisan boulanger, avait espéré que ses employés puissent travailler légalement durant cette journée. Toutefois, le ministre du Travail a confirmé que la loi resterait inchangée. Duffour souligne l’importance économique de ce jour : « Il n’y a pas de jour de fermeture, donc on a moins de pertes. Ce sont des journées où il y a quand même beaucoup d’activités, donc ça provoque une hausse du chiffre d’affaires qui est certaine. Ça va représenter a priori entre plus 15 % et plus 100 % du chiffre d’affaires ».
Dans les commerces, les opinions divergent. Andrea Mathieu, vendeuse, a déclaré : « Moi, ça ne me dérange pas du tout de travailler les jours fériés. On est payés double en plus de ça. » En revanche, une collègue a préféré ne pas être volontaire, souhaitant passer ce week-end avec ses enfants.« Ça me permet d’être avec eux pour ce week-end du 1er-Mai. »
Du côté des clients, les avis sont partagés. Une cliente est favorable à leur travail : « Moi, je suis pour, pour les gens qui veulent travailler. » À l’inverse, un jeune homme exprime son désaccord : « Moi, je suis contre, tout simplement parce que je trouve qu’on a déjà beaucoup, beaucoup de travail et je trouve qu’on a besoin un peu de repos. »
Actuellement, la législation permet aux patrons de certaines professions d’ouvrir le 1er mai, mais uniquement sans leurs employés. Des sanctions pouvant atteindre 750 euros par salarié sont encourues en cas de non-respect de la loi. Le gouvernement envisageait d’étendre les dérogations à d’autres secteurs, incluant de grandes enseignes industrielles et des magasins spécialisés, mais ce projet a été reporté devant la forte désapprobation des syndicats. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a affirmé : « Le 1er-Mai n’est pas et ne sera jamais une journée à fort potentiel commercial. Tout n’est pas à vendre, et certainement pas le 1er-Mai. »
Christophe Moricet, fleuriste à Poitiers, déplore cette décision, espérant ouvrir avec son équipe au complet : « C’est une grosse journée. C’est comme la Fête des mères. C’est quelque chose d’intense, quand on se trouve à deux à bosser, alors qu’on est 7 ou 8 à bosser. »
Le gouvernement a annoncé que la question de la loi relative au travail le 1er mai sera réexaminée ultérieurement, mais ne sera pas mise en application avant le 1er mai 2027.