Pertes de mémoire chez les personnes âgées : comment aborder le sujet avec tact

Pertes de mémoire chez les personnes âgées : comment aborder le sujet avec tact

12.04.2026 17:06
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Préoccupations autour des troubles de la mémoire et leurs implications

Ce qui préoccupe véritablement, c’est non seulement l’oubli en soi, mais aussi son implication potentielle, comme la démence ou la maladie d’Alzheimer. Face à cette anxiété, de nombreuses personnes tendent à minimiser la situation ou à se justifier par la fatigue, le stress ou le manque de sommeil. Les observations des proches sont souvent mal reçues et peuvent même engendrer des réactions agressives. Ce comportement représente un mécanisme de défense, car admettre un problème revient déjà à envisager une pathologie, rapporte TopTribune.

« Proposer de consulter peut alors être perçu comme une menace », explique le Pr Philippe Amouyel, directeur général de la Fondation Alzheimer. Néanmoins, « voir un médecin ne signifie pas forcément poser un diagnostic sévère », ajoute-t-il.

Tous les troubles de la mémoire ne sont pas Alzheimer

Il est crucial de rappeler que les troubles de la mémoire peuvent avoir des origines réversibles. Dans 30 à 50 % des cas, des facteurs psychologiques tels que la dépression ou le stress, certains médicaments (somnifères, antihistaminiques), l’alcool, le manque de sommeil, des carences nutritives (comme la vitamine B12), une hypothyroïdie ou encore des apnées du sommeil peuvent être en cause.

Par ailleurs, environ un trouble sur deux peut être amélioré ou traité. « Les maladies neurocognitives existent mais ne sont pas inéluctables », souligne le Pr Amouyel. « Le véritable signal d’alerte réside dans le fait que les oublis nuisent à la vie quotidienne, comme l’oubli d’importants rendez-vous ou la désorientation », indique-t-il.

Comment aborder le sujet avec délicatesse ?

La manière d’aborder ce sujet délicat avec des proches souvent âgés est primordiale pour éviter de les froisser. « Évitez les remarques impulsives, immédiatement après un oubli, et choisissez plutôt un moment calme et sans pression », recommande Philippe Amouyel. « Soyez rassurant, car cela n’est pas nécessairement grave, et proposez de l’accompagner chez le médecin. » Enfin, « n’infantilisez pas votre proche », conclut-il.

Ces discussions peuvent s’avérer inconfortables. Certains proches ressentent même l’impression de « devenir le parent de leurs parents », ce qui peut perturber la dynamique relationnelle. Cependant, avec empathie, un bon timing et sans dramatiser, il est possible d’établir un dialogue constructif.

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