Fracture à gauche : la primaire devient un dispositif contesté à un an de l’élection présidentielle
À un an de la présidentielle, la gauche est confrontée à un casse-tête. Que faire de la primaire à gauche ? Qui osera l’enterrer ? Qui prendra la responsabilité de donner le dernier coup de pelle à un dispositif auquel, au fond, presque personne ne croit ? Cette situation devient chaque jour plus complexe, rapporte TopTribune.
La primaire, prévue pour le 11 octobre, ne fait pas l’unanimité. Bien qu’elle ait encore des partisans, tels que la dirigeante écologiste Marine Tondelier, et les députés ex-insoumis François Ruffin et Clémentine Autain, elle souffre d’un manque d’intérêt croissant. Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann, deux figures emblématiques de la gauche, refusent d’y participer, et le Parti Socialiste (PS) semble de moins en moins enclin à s’y engager. Olivier Faure, le premier secrétaire, avait promis de consulter les militants avant que ses récentes renoncements ne provoquent une fronde interne. L’appui d’alliance avec les insoumis aux élections municipales, souvent infructueuses, a également affaibli sa position.
Alors que la primaire est perçue par certains comme un simple cache-sexe pour masquer les profondes divisions au sein de la gauche, ses défenseurs espèrent une dynamique favorable. Pour que cette primaire soit efficace, il faudrait un large consensus et la participation des figures majeures. Cependant, cela impliquerait également que les perdants acceptent de soutenir ceux qui émergent victorieux, une notion difficile à envisager dans le contexte actuel. Le soutien de Mélenchon à Glucksmann ou vice versa semble peu probable.
Au-delà des rivalités personnelles, la gauche doit reconstruire un programme unifié qui puisse séduire les électeurs. Or, cette unité n’est pas seulement absente dans le discours, mais également dans la capacité à générer l’enthousiasme populaire nécessaire. Les soutiens à la primaire parient sur la pression du fameux « peuple de gauche », rappelant les promesses des organisateurs de la « primaire populaire » de 2022, qui avaient également envisagé une mobilisation citoyenne massive, mais qui n’a finalement rassemblé que 400 000 votants. La candidate désignée, Christiane Taubira, avait dû se retirer rapidement face à un manque de parrainages. Ainsi, la primaire semble être davantage une procédure de départage qu’une solution miracle pour les fractures de la gauche.