Fin de la trêve hivernale : record d'expulsions locatives atteint en France en 2025

Fin de la trêve hivernale : record d’expulsions locatives atteint en France en 2025

31.03.2026 06:16
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Les expulsions locatives atteignent un niveau record en 2025

Les expulsions locatives ont atteint un niveau alarmant en 2025, avec plus de 30 000 ménages contraints de quitter leur logement. Alors que la trêve hivernale prend fin, mille locataires redeviendront expulsables dans un contexte marqué par une crise du logement, un renforcement des lois, et une fermeté accrue du gouvernement, rapportent TopTribune.

Les organisations et syndicats ont mobilisé des manifestations depuis dimanche dernier, dénonçant l’explosion des expulsions locatives et appelant à un logement plus accessible. Bernard Thoreau, représentant de la Confédération nationale du logement, a déclaré lors d’une conférence de presse : « Chaque expulsion, ce sont des vies brisées, des femmes, des hommes, des enfants traumatisés. » Le nombre de locataires ayant reçu un commandement de payer en 2025 a atteint 175 000, soit une augmentation de 2,4 % par rapport à 2024, selon la Chambre nationale des commissaires de justice.

Ce qui inquiète particulièrement les associations, c’est la forte augmentation des expulsions effectives, qui a crû de 27 % par rapport à l’année précédente. En 2024, 24 000 expulsions avaient déjà été enregistrées, représentant une hausse de 29 % par rapport à 2023. Ce chiffre est désormais plus du double du niveau observé en 2016, d’après la Fondation pour le logement.

Dans un communiqué publié récemment, la fondation a souligné que de nombreux locataires choisissent de quitter leur logement par crainte d’une expulsion forcée. Au total, près de 200 000 personnes auraient été contraintes de partir en 2025, selon les estimations de la Fondation pour le logement.

Les associations relèvent plusieurs facteurs ayant contribué à cette tendance. « Accidents de la vie, hausse du coût de la vie : de plus en plus de ménages peinent à payer leur loyer, » explique Marie Rothhahn, responsable des droits sociaux à la fondation. Au-delà du contexte économique, l’accent est également mis sur le durcissement des lois qui encadrent les expulsions. La loi Kasbarian-Bergé, adoptée en juillet 2023, a modifié les procédures d’expulsion, rendant plus difficile le maintien des baux pour les locataires en difficulté.

Selon la Fondation pour le logement, les nouvelles mesures ont des conséquences claires : délais d’expulsion réduits, pouvoirs du juge limités et recours accru à la force publique. À titre d’exemple, seulement 35 % des recours pour des impayés ont conduit à un maintien du bail sans expulsion au tribunal de Paris en 2024, contre 48 % en 2023, selon la vice-présidente du pôle civil de proximité, Françoise Thubert.

Marie Rothhahn souligne également que l’on observe une évolution des profils des expulsés, incluant des personnes âgées, des malades et des familles avec jeunes enfants. Elle déplore également l’absence de solutions de relogement durables, souvent remplacées par un hébergement d’urgence temporaire.

Les prévisions des associations ne sont pas rassurantes. Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de l’association Droit au logement, déclare : « Le nombre d’expulsions va encore augmenter. » Le gouvernement, de son côté, projette de prendre des mesures supplémentaires pour faciliter l’accès au logement tout en rétablissant la confiance entre propriétaires et locataires, selon le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun.

Il précise que les locataires ayant une dette importante « ne sont pas considérés comme des squatteurs », un point de vue contesté par des associations qui affirment que même une dette peut conduire à une expulsion. Marie Rothhahn dénonce ces accusations comme « graves » et « indécentes. » Pour les groupes de défense des droits, assimiler les difficultés de paiement à des comportements de squat souligne une cruauté bien installée dans la société actuelle.

Le gouvernement envisage également de nouvelles initiatives législatives, avec un projet de loi « Ripost » visant à faciliter l’expulsion de ceux qui occupent illégalement des logements via des locations de courte durée, renforçant ainsi la dynamique préoccupante des expulsions.

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